Un logiciel pourra voler votre voix

26 avril 2017

Votre voix ne vous appartient bientôt plus, et c'est la faute à Lyrebird, un logiciel de synthèse vocal canadien. Il est encore en développement, mais la start-up du même nom a sorti une démo il y a quelques jours. Avec juste 1 minute de discours, le logiciel arrive à copier une voix et peut faire dire n'importe quoi.

Pour son grand test, la boîte a créé une conversation entre Barack Obama et Donald Trump

 Ils discutent du logiciel, alors qu'ils n'ont jamais prononcé ces paroles. On sent le côté « robotique », mais ce qui est impressionnant, c'est que le ton et l'intonation des présidents sont exactement les mêmes que dans leurs discours. Lyrebird permet aussi de jouer sur les émotions dans la voix copiée. On peut rendre la voix colérique, sympathique ou stressée.

Une boîte de Pandore pour les fake news

A l'heure des fake news et des montages photos, on peut se demander si Lyrebird a bien réfléchi à l'utilisation de son invention.  Pour la boîte québecoise, son logiciel fait prendre conscience à tout le monde qu'une voix peut être fausse. Elle n'a pas tort, mais c'est quand même elle qui rend la copie de voix possible.

Son but est de vendre le logiciel pour des dessins animés, pour redonner une voix aux muets ou encore utiliser des voix de célébrités dans les GPS. Attention quand vous serez en voiture, guidés par la douce voix de Donald Trump, qui hurlera: « le mur! »

 

Vomir : des sacs de noise et des murs de bruit blanc

25 avril 2017

Il habite Paris, il s'appelle Romain Perrot (roro pour les intimes) et il est l'autodidacte radical et nihiliste de la scène harsh noise.
Depuis 2006, il est passé maître dans l'art de créer des Harsh Noise Wall, des murs de sons bruitistes hyper puissants et fabriqués avec le strict minimum.
Son travail consiste à immerger complètement le public dans un mur de bruit blanc : un son composé de toutes les fréquences audibles, chaque fréquence ayant la même énergie.

Sous le nom de projet « VOMIR», Romain Perrot utilise donc des murs de bruits blancs pour rendre compte du sentiment d'enfermement et d'isolement par le son.

Durant toute la durée de ses performances, Romain laisse tourner ses machines et reste debout, immobile, dos au public avec un sac en plastique sur la tête.
Et souvent, comme au LUFF Festival à Lausanne en 2013, Romain distribue aussi un sac en plastique (ou un sac poubelle) au public pour qu'il se les enfilent sur la tête.

« Avoir un sac poubelle sur la tête, c’est essentiel pour écouter VOMIR »

Au début, on se dit qu'on a sacrément l'air con avec ce sac poubelle sur la tronche (ce qui est vrai) ; mais finalement, plus ça avance, plus on se rend compte que le sac en plastique est essentiel pour vivre la performance.

Il permet de se couper vraiment du monde extérieur.
On ne voit absolument rien. On entend juste la puissance dévastatrice des sons. On entre en soi-même, presque en méditation.

Soit on se sent soit complètement écrabouillé ou vidé, soit complètement libéré et plein d'énergie.
Avec toutes ces têtes enfermées dans des sacs poubelles, ça donne des photos assez géniales.

« C’est un peu comme si tout une foule partait pour Guantanamo »

D’ailleurs on peut se poser la question de la torture dans le projet « VOMIR » de Romain Perrot.

Lorsqu’on lui demande s’il torture son public, Romain explique qu’imposer du Britney Spears pendant 10h sous la contrainte, c’est de la torture. Il explique au contraire qu’il créé une opportunité pour le public d’être réellement en situation d’isolement et d’immersion.

Pour son projet VOMIR, Romain Perrot a écrit un véritable manifeste nihiliste qu’il a posté sur le site de son propre label : décimation sociale. Pour lui, la musique noise est une forme d’anarchisme non-violent, une espèce de rage qui permet de rendre compte du sentiment d’abrutissement de l’être humain.

« L’individu n’a plus d’autre choix que de rejeter totalement la vie contemporaine. Le seul comportement totalement libre qui nous reste, réside dans la noise. La noise permet de ne pas capituler face à la manipulation, à la socialisation et au divertissement »

 C'est bien connu, « VOMIR » c'est se libérer d'un truc qui passe pas. Merci Roro, grâce à toi on se sent déjà mieux !

The Birth of a Nation

25 avril 2017

Au cinéma, lorsqu'on s'attaque à une histoire dramatique, par exemple, celle de l'esclavage des noirs aux Etats-Unis, toute la difficulté réside dans le fait de ne pas tomber dans la caricature et la facilité.

Avec The Birth of a Nation, le nouveau film de Nate Parker qui sort cette semaine, le réalisateur parvient-il à éviter ce piège et à traiter le sujet avec objectivité et finesse ?

Réponse ci-dessous avec Ciné-man, notre super-héros du Cinéma sur GRRIF.

« Le drame de The Birth of a Nation, c'est que ses personnages ne sont pas écrits et qu'ils se résument juste à leur couleur de peau » Ciné-Man

 The Birth of a Nation, de Nate Parker, c'est à voir en ce moment dans vos salles de cinéma.

Musique de genre

21 avril 2017

 

Le Sonar de la semaine c'est une belle et grande playlist à écouter sur ce site via Soundsgood et sur Spotify, parce qu'on n'est pas sectaire. Mais Le Sonar de la semaine c'est aussi l'occasion de se poser de grandes questions.

«A quoi ressemblerait du reggae joué par Jack White?»

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Dorothée Thébert : Jukebox et Poïpoïdrome

21 avril 2017

Dorothée Thébert est artiste. Photographe, performeuse, metteuse en scène, avec son mari elle a créé « L' Absence de Gouvernail », un spectacle dont VOUS êtes les acteurs.

Dans les Culturbitacées, elle est venu nous parler du mouvement Fluxus, du Poïpoïdrome et de parties de cache-cache à poils. On a aussi un peu discuté de l'Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp.

Anna de Juniore avec un E

21 avril 2017

Le trio français Juniore nous a confié sa chanteuse Anna Jean l'espace d'une interview téléphonique.

Celle qui a initié le projet  nous raconte son amour de la période yéyé, leur nouvel album Ouh Là Là , leur concert aux 5 ans de GRRIF le 6 mai prochain à la Case à Chocs de Neuchâtel, ainsi que leur statut de « groupe de filles ».

« J'étais chiante mais j'ai fait des progrès. »

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