L’Italo-disco-turkish-groove cosmique d’Altin Gün

22 mars 2019

A peine une année après son premier album On, le sextet turco-néerlandais Altin Gün annonce la sortie de Gece, le 26 avril de cette année. La démarche reste la même : mélanger la musique traditionnelle turque à des sonorités groove et rock plus actuelles. C'est le cas sur Süpürgesi Yoncadan, morceau cosmique qui renvoie autant aux productions de Bariş Manço que de Giorgio Morder. A découvrir dans la playlist Spotify du dernier Sonar.

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Dans l’ordre du Phénix, Harry Potter a toujours le seum

21 mars 2019

Il revient ! Le petit pote Potter est prêt pour sa cinquième année de cours à Poudlard et pour toutes les aventures qui l'attendent. Madame Rochefort te raconte Harry Potter et l'ordre du Phénix :

Harry Potter est toujours aussi casse-couille. C'est les vacances, il devrait se poser tranquilou, mais il bad complet parce que son poto Cédric Diggory a clamsé il y a quelques mois. Ça le fout mal, il est tout le temps vénère. Faut pas le faire chier le petit pote Potter ! Mais évidemment, son cousin Dudley le débilos, il en a rien à péter ; il a l'habitude de saouler Harry, donc il continue. Harry pète un câble, menace de casser la gueule de Dudley avec sa baguette gique-ma, quand soudain, des vilains détraqueurs tout cheum débarquent, et Harry est obligé de leur jeter un sort. Sauf que ça, c'est haram, c'est péché de faire de la magie tant qu'on n'est pas au bahut des sorciers ! Harry se fait pécho par les keufs magiques. Il va devoir être jugé, mais en attendant le procès, il squatte chez son parrain, avec plein d'autres people qui font partie du gang du Phénix. En gros, ce sont que des gens cools qui se battent pour la paix dans le monde, tu vois ? Bon, au final , Harry Potter est tiré d'affaire, les keufs le laissent tranquille, et il peut retourner fissa au bahut magique.

« Hermione propose de créer un gang de gentils »

Sauf qu'il est dég : la nouvelle prof de défense contre les forces du bad, c'est une vieille meuf mal-baisée, Dolorès Ombrage. Au lieu d'apprendre aux gosses à se fighter contre les relous de ce monde, elle leur fait lire des bouquins, de quoi pioncer en cours quoi ! Hermione, la bestah de Harry, elle est trop deg. Elle propose à ses potos de faire aussi un gang de gentils, pour la paix dans le monde. Ça va s'appeler l'armée de Dumbledore, et ce sera un groupe pour apprendre à botter le cul des gros batards, genre Voldemort. Dolorès Ombrage la moche, elle se doute que le petit pote Potter et son band font des trucs dans son dos, mais elle ne peut rien prouver, donc elle se vénère tout le temps, et c'est Harry qui trinque, comme d'hab.

« Dumbledore force Harry à devenir plus badass »

En plus, le pauvre choupi, il est obligé de prendre des cours particuliers avec le prof qu'il déteste le plus : Rogue, le roi des veuch gras. En gros, Rogue doit apprendre à Harry à fermer son esprit, pour éviter que Voldi le foufou vienne faire frotti-frotta avec le cerveau de notre petit Potter. Harry dégueule ces cours, il les déteste, c'est vraiment pas fun, mais son copinou Dumbledore le force à apprendre cette technique pour devenir plus badass, et pouvoir un jour buter Voldi.

Le problème, c'est que le petit pote Potter est un élève trop naze, et que Voldi réussit à faire l'amour à son esprit, justement. Il se faufile dans sa tête et lui fait croire que son parrain, Sirius, est en train de se faire baiser par les Mangemorts, les vilains de l'histoire. Harry il part au quart de tour, il se fait niquer comme un blanc-bec. Il fonce au Ministère de la magie avec ses potos, et là, grosse galère, il se fait gauler par les mangemorts ! Voldemort arrive, le gang du Phénix débarque aussi, c'est le gros fight, Sirius se fait buter. Au final, heureusement que Dumbledore est là, parce qu'il est le seul à faire flipper Voldi, qui fuit comme un glandu. Après ça, Harry bad, mais pas le temps de faire le morveux: Dumbledore révèle au petit une prophétie, qui dit qu'il n'y a que lui qui peut un jour péter la tronche de Voldi. Donc toute la paix du monde repose sur les épaules du petit pote Potter le gros chialeur. C'est pas gagné, moi je te le dis.

 

Joyeux anniversaire !

20 mars 2019

Salut, c'est GRRIF !

20 mars 2012, il est 17h. GRRIF s'adresse pour la première fois aux oreilles des Romands, du Jura jusqu'au Nord-Vaudois. La tension est énorme. Ce projet de nouvelle radio, dernière-née de la FM en Suisse, a mis plusieurs années à se développer. Des dizaines de personnes sont présentes dans le studio. On étouffe. L'équipe d'antenne est défoncée à l'adrénaline, partagée entre l'envie de hurler de joie et le stress de vivre enfin le direct, l'antenne pour de vrai. Le décompte se termine dans une totale approximation et la saturation est maximale. « Salut, c'est GRRIF ! », sur fond de Fuck it, you win d'Hanni El Khatib, le ton décomplexé de la radio transpire dès les premières secondes. GRRIF est née. Désormais, elle devra convaincre.

De l'art du teasing

Quelques semaines avant la naissance de la radio, l’équipe de GRRIF se mobilise pour placarder l'affiche d'un faux festival un peu partout. Arctic Monkeys, Daft Punk, Gorillaz, on promet de voir tous ces artistes gratuitement le 20 mars 2012 ! « C’est qui derrière cette arnaque ? Il faudrait les condamner ! » lit-on sur les réseaux sociaux. D’autres acceptent naïvement de coller l'affiche dans leur commerce, très enthousiastes à l'idée de voir ces concerts gratuitement, quelque part en Suisse romande…

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Des auditeurs impliqués

Parallèlement, GRRIF dissémine toutes sortes de vidéos barrées sur le web et met en place un système où les futurs auditeurs peuvent laisser des messages, parfois très créatifs.

GRRIF en 2019

GRRIF est aujourd'hui une radio romande à 100% : elle s'étend à toute la Romandie via le DAB+. Et si au départ, le slogan « Déchire ta routine » incite à casser les fondamentaux de la radio, avec le temps, GRRIF a appris de ses expérimentations, elle s’est professionnalisée, et l’équipe d'antenne s’est rafraîchie. Mais son attitude décomplexée, elle, n’a pas changé. Elle flotte sur plus de 35'000 Romands qui écoutent GRRIF chaque jour.

Un équilibre à trouver

Le défi de la radio reste aujourd'hui d'augmenter son nombre d'auditeurs. Il est aussi financier. GRRIF ne touche pas de quote-part de la redevance radio/TV. Difficile de maintenir des comptes à flot et d'atteindre l'équilibre sans aide publique. 

L'Association GRRIF

En 2017, la radio a donc lancé l’Association GRRIF, qui compte quelques centaines de membres aujourd'hui. Cette structure de soutien crée des projets pour aider GRRIF financièrement, mais également pour faire connaître la radio. L'association propose aussi régulièrement des places de concerts à ses membres. C'est avec plaisir qu'on vous y accueille ici

Vous écoutez GRRIF ? Passez le mot !

On peut imaginer les campagnes publicitaires les plus dingues. N’empêche que l'efficacité du bouche à oreilles n'est pas à prouver. Alors si vous appréciez la radio GRRIF, parlez-en autour de vous.

Et on terminera cette rétrospective en vous adressant un merci énorme. Pour l'écoute, pour le suivi sur nos plateformes, pour votre aide précieuse et nécessaire.

Allez, déchire ta routine et longue vie à GRRIF !

Les distractions musicales de Timy

19 mars 2019

L'exercice de la chronique Une Vie en Morceaux ne s'est pas avéré compliqué pour Timy; c'était même plutôt un plaisir pour lui, de se replonger dans sa bibliothèque musicale. Il nous embarque dans différentes atmosphères avec sa sélection, une espèce de mosaïque musicale avec laquelle on passerait bien une journée.

Druuna, le retour

19 mars 2019

Elle est belle, vit dans un monde post-apocalyptique cinglé et elle s'appelle Druuna. Après seize ans d'absence, l'héroïne culte dessinée par l'italien Paolo Serpieri revient  dans la BD Celle qui vient du vent. Retour sur cette saga atypique.

Il était une fois Druuna

Le premier tome de la série est publié en 1986. Unique en son genre, Druuna mélange érotisme et science-fiction. Prenez Alien, Matrix, La Chose, Interstellar, Inception et la plateforme YouPorn, mélangez tout ça et vous obtenez la série de bande dessinée Druuna.

Vêtue d'un string rouge et d'une paire de baskets, Druuna évolue dans un monde impitoyable, touché par un mal qui transforme les êtres humains en mutants monstrueux, tentaculaires, assoiffés de sexe et de sang.

Laissez la police faire son travail 

Pour mettre un peu d'ordre là dedans : des soldats et des prêtres androïdes. Censés rétablir la paix et amener des valeurs spirituelles, ils sont en fait les méchants de la série. On peut y voir une allégorie assez puissante sur le fascisme et le pouvoir exercé par l'Église. À l'inverse, les mutants, aussi dangereux soient-ils, sont finalement ce qu'il y a de plus humain dans cette série. Du moins, des êtres humains réduits à leurs pulsions les plus primaires, qui n'ont aucune notion de bien ou de mal.

Druuna, c'est que de l'amour

L'héroïne Druuna représente la vie. Elle symbolise l'amour. C'est aussi le seul personnage humain de la série en bonne santé. Déterminée, elle va utiliser son corps pour survivre. Elle aime le sexe sans tabou. C'est un être libéré et intelligent qui va toujours chercher à comprendre ce qui l'entoure.

Quoi de neuf, Doc ?

Dans ce nouvel épisode, Druuna se retrouve propulsée dans un monde qui ressemble plus ou moins à la Terre. Démunie, elle assiste à une bataille entre des mousquetaires et un Indien. Lorsque ce dernier meurt, un monstre tentaculaire lui sort du ventre et dégomme les survivants au laser… plutôt inhabituel pour un Indien.

Un plan sans accroc 

Si les fans seront heureux de retrouver l'héroïne aux courbes généreuses, ils risquent tout de même de rester un peu sur leur faim. Dans cet épisode, Druuna fait des rencontres à la cool avec des autochtones sans jamais se retrouver en situation de danger. Et les dernières pages consistent en un long monologue explicatif, avec pour conclusion  « Cela reste une hypothèse, il n'y a aucune certitude ». Dommage.

Enfin, même si à 75 ans Paolo Serpieri montre que son talent de dessinateur reste intact, la sensualité et la fougue des premiers tomes n'est plus au rendez-vous. On termine cette aventure sur le sentiment que l'auteur a pris ses distances avec son héroïne, à qui pourtant il vouait un culte quasi obsessionnel.

On salue tout de même le travail des éditions Glénat, qui proposent une réédition complète des anciens tomes avec de nombreux bonus. Ne reste plus qu'à boucler cette série unique, peut-être par un prochain et dernier tome. On l'attend avec impatience.

Dick Dale: chronique funèbre d’un furieux surf-rockeur

18 mars 2019

Dick Dale, inventeur du surf-rock, nous a quitté après une longue vie d’énervé.  Il avait 81ans et montait toujours sur scène malgré son grand âge, il aimait les courses de voitures folles, le surf dans les rouleaux de la mort et les amplis qui déchaînent les enfers. De son vrai nom Richard Mansour, il a quand même fini par lâcher prise ce weekend. Il restera gravé dans nos mémoires comme le créateur du surf-rock… et de la chanson Misirlou ressuscitée par Quentin Tarantino dans le générique de Pulp Fiction en 94.

Dick Dale n’était que furie. Il aimait faire péter les limites du raisonnable. Il avait notamment travaillé avec Leo Fender, constructeur de matériel audio, sur des amplis à lampes qui crachaient plus fort que la moyenne, juste pour qu’ils puissent résister à ses guitares saturées. Le genre de prouesse qui lui vaudra le surnom de «Père du heavy metal». Une légende raconte même que notre vieux surf-rockeur arrivait à faire fondre ses plectres durant les concerts à force de s’énerver sur ses cordes de guitares.

Dick Dale a aussi été un des premiers à intégrer des sonorités orientales au rock. D’origine polonaise et libanaise, il avait importé les harmonies de son enfance sur la scène californienne pour les mélanger au rock, au rythm & blues et au latin-rock local.

Enfin, il avait affronté deux fois la mort à cause d’un cancer du côlon et d’une blessure de surf qui s’était infectée. Cette fois-ci, son corps a définitivement abandonné, Dick Dale a glissé une dernière fois vers l’au-delà.

Mais rassurez-vous, quel que soit l’endroit où son âme s’en est allée, elle est certainement en train de faire des vagues.

Lokal-Int : un espace d’art entre atelier et institution

18 mars 2019

Dans le paysage romand des espaces d'art contemporain, le Lokal-Int à Bienne a la particularité de changer d'exposition chaque semaine. Tous les jeudis, le public assiste à un nouveau vernissage et rencontre un nouvel artiste. Loin des contraintes institutionnelles, le Lokal-Int fonctionne comme un laboratoire d'expérimentation dans lequel les artistes tentent, osent et prennent des risques. Dans Engrenage, son responsable, Chri Frautschi, nous explique pourquoi il a choisi un rythme aussi soutenu, voire éphémère, pour égrener son programme. Il nous confie également son envie de développer et de démocratiser une sub-culture dans le champ de l'art contemporain.

« Mon rêve était de créer un endroit où l'art est pris au sérieux, mais avec une ambiance de bar du coin. »

D'un jeudi à l'autre, le spectateur observe les œuvres depuis l'extérieur, comme dans une vitrine. À la fois anti-espace puisqu'il maintient le public à l'extérieur, à distance de l’œuvre, et über-espace projetant les œuvres au regard de n'importe quel passant dans l'espace public, le Lokal-Int nous questionne plus globalement sur la fonction d'un lieu d'exposition.

« Je voulais que le quotidien des artistes contemporains soit visible pour Monsieur et Madame tout le monde. »

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