PETZI publie un manifeste pour repenser l’écosystème des musiques actuelles

27 avril 2026

Dans un manifeste publié mi-avril, l’association PETZI (qui défend les intérêts de plus de 200 clubs et festivals à but non lucratif) tire la sonnette d’alarme. Le texte sort dans le cadre du 30e anniversaire de la fédération et ouvre une campagne qui va durer plusieurs mois. Le message est clair : aujourd’hui, les aides publiques ne suffisent plus à faire tourner la scène musicale indépendante.

Le paradoxe est sans appel : la musique live fonctionne… mais son socle s’effrite. Les clubs et festivals indépendants, ceux qui lancent les artistes émergents et qui font vivre les scènes locales, sont de plus en plus fragilisés. Le modèle économique, surtout, pose souci : aujourd’hui, les subventions publiques sont le plus souvent ponctuelles, liées à des projets. Sauf que les lieux de musique live doivent tourner toute l’année, avec des loyers, des cachets, des salaires à verser et des charges fixes. PETZI rappelle que les subventions ne couvrent que 0 à 30 % des budgets, et surtout, qu’elles n’arrivent pas à financer le fonctionnement quotidien.

Il y a quelques années, le reste pouvait plus ou moins être compensé par les recettes du bar et de la billetterie. Or, aujourd’hui, ça ne suffit plus : les coûts explosent, les habitudes de sorties et de consommation du public changent, et les marges fondent comme neige au soleil. Résultat : le pays se retrouve avec des salles de concerts et des festivals à but non lucratif (ou indépendants) qui fonctionnent à perte. Ils tiennent surtout grâce au bénévolat, aux heures non-payées et au cumul des emplois. Et pendant ce temps-là, les gros événements captent l’essentiel des revenus. Alors que, selon l’Office fédéral de la statistique, 1 franc investi dans la culture en génère 3 ailleurs dans l’économie.
Une autre grosse pression, sur les clubs surtout, c’est la gentrification qui fait disparaître les lieux. Et aussi les plateformes de streaming qui concentrent la valeur sans vraiment la redistribuer.

Face à ça, le manifeste de PETZI propose plusieurs pistes concrètes :

  • Des financements pluriannuels pour couvrir les coûts fixes, en gros des contrats de prestations sur plusieurs années,
  • Une simplification administrative,
  • Une meilleure protection sociale des artistes et surtout des employés des clubs et festivals,
  • Une redistribution grâce une petite taxe sur les gros concerts pour financer les petits,
  • L’obligation, pour les plateformes de streaming, de réinvestir dans la création locale.
  • Le refinancement d’un vrai journalisme culturel en Suisse, et l’encouragement de partenariats entre médias et lieux culturels.

Consolider les bases des musiques actuelles en Suisse, c’est se souvenir que les petites structures prennent beaucoup de risques… avant que les autres ne récupèrent la valeur. Reste à savoir qui sont ceux qui vont empoigner les travaux !