Seedbed : la perfo masturbatoire de Vito Acconci

23 mai 2017

Vendredi 28 avril, l’artiste américain Vito Acconci est mort à l’âge de 77ans.
Depuis, le monde de l’art contemporain pleure un de ses pionniers de l’art performance!
Dans ses perfos, il a toujours questionné la place de l’artiste et du spectateur dans l’espace, Mais aussi le lien direct entre l’artiste et le spectateur.

« C’est dans ce contexte qu’en 1972 Vito créer « Seedbed », une de ses performances les plus provoc et les plus célèbres. »

Dans la galerie Sonnabend à New-York, il décide de construire un faux plancher d’environ 50 cm à l’intérieur de la galerie et de se glisser à l’intérieur pour attendre les visiteurs.
Lorsqu’ils arrivent, le public n’a rien à voir. Les visiteurs déambulent au-dessus de sa tête, dans un espace vide.

« Sauf que Vito Acconci est là, tapis dans le faux plancher. Il commence à se masturber en suivant les pas des visiteurs et en fantasmant sur eux. »

Les visiteurs entendent uniquement des gémissements de plaisir et quelques phrases grâce à un haut-parleur dans un coin de la galerie : « ma voix provient de dessous le plancher, vous écrasez votre chatte sur ma bouche, vous pressez vos seins sur ma bite, vous mettez votre bite dans mon cul…en ce moment vous m’entendez jouir : je l’ai fait pour vous, avec vous, grâce à vous…» Malheureusement, seule la vidéo sans le son a été archivée.

Acconci explique que l’art fait partie de la vie quotidienne (comme la masturbation).
Il veut simplement impliquer le public dans l’espace et dans la production d’une œuvre en créant une situation d’échange réciproque entre l’artiste et le spectateur. Il refuse de mettre les spectateurs dans la position d’observateur face à un mur, dans un rôle de soumission face à l’espace.

Il entre en interraction avec eux pour que l’œuvre se créér.

 

On réduit souvent Acconci à cette performance-là, mais quelques années avant d’ensemencer une galerie, il faisait déjà des actions complètement folles.
Toujours dans l’idée d’interagir avec les visiteurs, il s’est mis au dernier étage d’une expo, au fond des escaliers, les yeux bandés, armé d’une batte de baseball, prêt à frapper les gens qui descendraient le voir.
En 1969, il se met à suivre des gens dans la rue, n’importe qui.  C’est d’ailleurs là que tout a commencé ! Vito Acconci a renversé l’ordre des choses : la place du spectateur n’est plus celui qui admire et qui observe passivement.

Le spectateur fait partie de l’œuvre, il est désiré, attendu, suivi et espionné. Si vous vous sentez suivis, pensez à Acconci, vous faites peut-être partie d’une œuvre d’art !

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