Lard du tatouage

29 juin 2018

L’artiste plasticien belge Wim Delvoye se fait connaître en 2000 avec Cloaca un laboratoire scientifique qui reproduit le processus de digestion et les matières fécales. Dix ans plus tard, Wim Delvoye se lance dans une oeuvre complètement différente pour le Musée d’art moderne et contemporain de Nice. Dans le cadre de l’ expo Dessins et maquettes, Wim expose sept cochons empaillés qu’il a lui-même tatoués.

Le processus démarre en 1997. Wim Delvoye fait élever des cochons dans une ferme près de Pékin. Encore à l’état de porcelets, il les anesthésie et les tatoue sur le dos, un par un :  mickeys, dessins animés, logos Louis Vuitton, symboles religieux, etc. Durant des années Wim les laisse vivre leur vie de cochon, jusqu’à leur mort.  À ce moment-là seulement, il les empaille et les expose.

Bien entendu, les associations de protection des animaux lui tombent dessus avant chaque expo. Give us a voice Lëtzebuerg, une organisation luxembourgeoise dénonce:

«Ce n’est pas possible de maltraiter des animaux au nom de l’art. Même si les animaux ont été endormis, ils ont subi des brûlures qui les ont fait souffrir plusieurs semaines.»

Les Musées répliquent : de leur vivant, les bêtes ont été choyées, traitées comme des stars, libres de leur mouvement et filmées en continu. Wim Delvoye explique lui-même vouloir dénoncer la société de consommation. Il rappelle que ses cochons ont été mieux traités que la plupart de leurs congénères, souvent enfermés, castrés sans anesthésie pour ensuite servir à produire des escalopes. Il faut dire que les cochons de Wim Delvoye, devenus des œuvres d’art, se vendent environ 65’000 euros. Ça fait cher l’escalope.

Mais Wim Delvoye ne s’est pas attaqué qu’à des cochons. À Genève, un galeriste du sérail porte un cochon tatoué sur la fesse droite. Un cochon tatoué par Wim Delvoye. Si les cochons valent des dizaines de miliers d’euros, on peut se demander combien vaut cette fesse.