Neuchâtel : la culture face aux pelleteuses

12 juin 2026

Un avis de tempête culturelle souffle aujourd’hui sur la ville de Neuchâtel.

Rappel des faits : jeudi dernier, le collectif ABAL s’est installé dans les anciens abattoirs de Serrières pour y créer un espace dédié à la culture. Mais la Ville n’est pas franchement d’humeur partageuse. Invoquant des raisons de sécurité impératives, elle juge le bâtiment insalubre, dangereux, et rappelle que l’arrivée des pelleteuses est déjà planifiée pour cet automne.

Résultat : la Municipalité somme le collectif de déguerpir aujourd’hui à 17h. Sauf qu’ABAL refuse de bouger. Et ils ne sont pas tout seuls : leur pétition a déjà récolté plus de 900 signatures en quatre jours.

C’est un scénario bien connu : d’un côté, une friche industrielle que des artistes et des citoyens tentent de faire revivre… de l’autre, une municipalité garante de la sécurité publique. Mais ce blocage pose une vraie question : comment intégrer ces initiatives citoyennes sans passer systématiquement par la case expulsion ?

Pour trouver des pistes, il suffit de regarder du côté de Bienne et de son Terrain de la Gurzelen. Là-bas aussi, les autorités voulaient démolir l’ancien stade de foot. Mais plutôt que de poser des barrières, la Ville a choisi la carte de l’occupation temporaire. Depuis 2017, le lieu est devenu un espace socioculturel incontournable, accueillant des potagers, des familles, et tout récemment le Presstival, le festival dédié au journalisme. Une expérience tellement positive que la municipalité biennoise vient de prolonger leur contrat jusqu’en 2029. Une expérience biennoise qui contraste avec le bras de fer actuellement en cours à Neuchâtel.