Les langages multiples du théâtre, avec Manon Krüttli

19 mai 2026

Elle met en scène Jacqueline, magistrale création romande sélectionnée aux Journées du Théâtre suisse, du 27 au 31 mai prochain entre Yverdon et Lausanne. Manon Krüttli, metteuse en scène, se réjouit de pouvoir rejouer cette pièce qui avait beaucoup fait parler d’elle l’hiver dernier. Jacqueline, créée par Manon Krüttli, la comédienne Rébecca Balestra et l’auteur Guillaume Poix, raconte l’histoire fictive de la vie et la mort de Jacqueline Maillan – la vie et la mort d’une personnalité qui donne tout à son art. C’est aussi et surtout l’histoire d’une femme qui fait rire, mais qui a intégré que la société l’adulera davantage si elle est victime, tragique.
Jacqueline, c’est une comédie acide, une tragédie rose bonbon, qui emprunte au théâtre de boulevard.

« J’aimerais, avec Jacqueline, susciter le vertige. (…) Est-ce qu’on est face à un être puissant ? Ou un être fragile ? Est-ce qu’on est face à une histoire grandiloquente, ou un récit de la plus grande banalité ? On parle d’une femme qui va mourir. Et qui tente jusqu’à la dernière seconde de vivre le plus intensément possible. » – Manon Krüttli, metteuse en scène de Jacqueline

Lorsque nous avons demandé à Manon de se présenter à notre micro, elle a trouvé la question très grande, presque faramineuse. Comme s’il était plus facile de raconter des histoires, de les écrire sur scène, plutôt que de parler d’elle. Mais au fur et à mesure de notre interview, la metteuse en scène se révèle à travers la description de son travail, inspiré par les langues française et germanique. Un travail, qu’elle trouve « joyeux, parce que je peux faire récit avec tous les moyens que permet le théâtre ». Elle se raconte aussi à travers les mots d’une autre : « Une directrice de théâtre m’a un jour dit que chacun de mes spectacles avait une teneur différente. S’il y a quelque chose qui caractérise ma pratique, c’est plutôt l’incohérence… Mais l’incohérence choisie, tentée. » Le théâtre imprègne la vie de Manon, sa vie imprègne son théâtre – finalement, c’est aussi ce que raconte Jacqueline.

Un texte et un langage denses, des comédien.nes glamours et incandescent.es, un décor délicieusement feutré : autant d’ingrédients qui ont séduit le comité de sélection des Journées du Théâtre suisse. Pour cette édition 2026 et vaudoise, Jacqueline figure auprès de six autres productions nationales, qui représentent en quelques sortes la crème de la crème du théâtre contemporain. Il y aura des pièces dans toutes les langues nationales, et elles seront toutes surtitrées. Jacqueline sera jouée en ouverture, au Théâtre Benno Besson, le 27 mai. Une invitation qui réjouit Manon et le reste de l’équipe, curieux de savoir « ce que le temps a fait à la pièce », et désireux de se « ré-amuser des choses ».

Plusieurs autres événements sont au programme de cette grand messe du théâtre, qui devrait réunir passionnés, professionnels et curieux du 27 au 31 mai entre Yverdon-les-Bains (aux théâtres Benno Besson et Echandole) et Lausanne (Théâtre Vidy). Des ateliers, rencontres, tables rondes et autres visites touristiques sont au programme des Journées du Théâtre suisse.

Photo fournie par Manon Krütli.