Il y a des morceaux qui ne se contentent pas d’offrir une simple boucle au monde de la musique. Ils deviennent de véritables buffets à volonté.
Retour aujourd’hui sur un titre qui a nourri les producteurs jusqu’à l’indigestion.
À la fin des années 90, c’est la ruée vers les samplers. Trois artistes majeurs vont découper le même vinyle… sans jamais repartir avec le même morceau.
En 1999, le duo new-yorkais The Beatnuts sort A Musical Massacre. Sur Beatnuts Forever, ils attaquent avec cette punchline bien saignante :
« You’re the best there is. »
Quelques mois plus tôt, la French Touch est en pleine explosion. Cassius balance 1999 et, sur Club Soixante-Quinze, Philippe Zdar et Boom Bass prélèvent discrètement quelques notes de basse particulièrement juteuses.
Un an plus tôt, de l’autre côté de l’Atlantique, un jeune rappeur blond de Détroit dynamite les charts. Avec l’aide de Dr. Dre, Eminem débarque avec My Name Is et transforme cette ligne de basse élastique en gimmick instantanément reconnaissable.
Mais alors, d’où vient cette pièce maîtresse ? Ce plat de résistance capable de nourrir à la fois le hip-hop new-yorkais, la house parisienne et le rap de Détroit ?
Pour le savoir, retour en 1975.
Dans un studio londonien, le poète et musicien britannique Labi Siffre enregistre un morceau de funk de plus de six minutes : I Got The…
Un titre foisonnant, mouvant, presque trop généreux, qui contenait déjà, sans le savoir, une bonne partie de l’ADN sonore de la fin du XXe siècle.
Un sample presque parfait.

