De la funk sauvage au rap engagé : l’histoire du sample « It’s My Thing »

14 septembre 2026

Le hip-hop des années 80 et 90 n’aurait jamais été aussi brutal et hargneux sans une certaine diva de la soul. Considérée comme l’une des artistes les plus rentre-dedans des années 60, cette musicienne a posé les bases (et les cuivres) du rap de l’âge d’or. Mais avant de vous dévoiler son nom, commençons par la fin.

En 1988, les Californiens de N.W.A dévoilent tout leur amour aux forces de l’ordre avec le volcanique Fuck Tha Police. Le producteur Dr. Dre, qui selon la légende serait né avec un sampler relié directement au cordon ombilical, découpe une boucle de cuivres incisive pour habiller un track éminemment politique et engagé.

Un an plus tôt, les légendes de Run-DMC utilisent déjà ce même motif furieux sur Beats to the Rhyme. Un morceau aux allures de banque de sons.

La même année, Public Enemy suit une approche similaire sur le mythique Bring the Noise. Là, le sample est noyé sous un véritable déluge de sirènes, d’effets stridents et de scratchs : une orgie sonore où il faut avoir l’oreille bien accrochée pour débusquer la boucle originale.

Pendant plus d’une décennie, presque une centaine de morceaux rap ont braqué ce même motif. Mais alors, d’où sortent ces cuivres hurlants qui ont servi de carburant au hip-hop contestataire ?

Pour le savoir, il faut remonter en 1969, en plein cœur de la funk américaine. La chanteuse Marva Whitney, protégée et partenaire de scène du parrain James Brown, entre en studio pour enregistrer It’s My Thing.

Sans le savoir, cette reine de la funk vient d’offrir l’une des armes sonores les plus puissantes de l’histoire du rap.

Un sample presque parfait.

Crédit image : Illustration IA