Racisme

Les rappeurs britanniques ont gagné contre le formulaire 696

14 novembre 2017

Depuis 12 ans, le « formulaire 696 » mène la vie dure aux rappeurs britanniques. Mais ça devrait être de l’histoire ancienne. Sadiq Khan, le maire de Londres a annoncé hier qu’il allait se débarrasser de cette procédure discriminatoire.

Ce formulaire très controversé a été mis en place il y a 12 ans par la police londonienne suite à des fusillades dans des clubs londoniens. Pour protéger les fêtards, il oblige les artistes et les promoteurs à donner des informations personnelles à la police (nom civil, adresse, numéro de téléphone). A partir de ces informations, la police peut décider d’annuler un concert en cas de « risque ».

Et c’est ce qui énerve les rappeurs depuis 12 ans.

Des questions sur l'origine ethnique du public

Selon la BBC, il cible en priorité les artistes qui utilisent des pistes instrumentales préenregistrées. En 2009, il obligeait les artistes à donner « l’origine ethnique du public attendu à leur concert ». Un élu était monté au créneau et avait déclaré : « il n’y a pas plus de crimes avec de jeunes hommes noirs qu’avec de jeunes hommes blancs ».

« Des bagarres partout »

Deux rappeurs britanniques en particulier, P Money et Giggs ont aussi accusé la police d’avoir annulé plusieurs concerts à cause de leur couleur de peau, et pas à cause d’un risque pour la sécurité de leur public.

P Money s’était insurgé sur la BBC : « Il y a des bagarres partout, dans tous types de concerts que ce soit du punk, du rock ou du hip hop ».

 

L’histoire de Lily qui se heurte au racisme

28 août 2017

Penchons-nous cette semaine sur les aventures de Lily, contées en 1977 par Pierre Perret. La chanson raconte l'arrivée en France puis en Amérique d'une jeune Africaine, venue en Occident chercher liberté et démocratie. Mais sa couleur de peau lui vaut de ne pas être reçue comme elle l'espérait.

Jusque-là plutôt connu pour ses textes comiques, le chanteur surprend dans ce registre grave et triste.

C'est Grégoire qui nous raconte ce morceau dans « Excuse my french ».

Guitar Drag

28 mars 2017

Imaginez le sud du Texas, un beau jour ensoleillé de 1999. Au bord de la route, un ampli est fixé sur le pont d’un pick-up noir.
Au bout de l’ampli, u
ne Fender Stratocaster branchée est attachée à une corde et traîne derrière le pick-up.
Le pick-up démarre. Les caméras embarquées sur le pont enregistrent la performance et le son qui s’échappe de la guitare qui traîne sur le goudron. Le nom de la perfo : Guitar Drag.

Cette performance recèle plusieurs dimensions ;

l’artiste américano-suisse Christian Marclay rend hommage à ses influences punk. Il démystifie l’objet ; cette guitare qui traîne sur l’asphalte. Il laisse à penser que ce n’est pas nécessaire de savoir jouer pour faire de la musique. Ensuite, on comprend que l’artiste évoque les rituels de destruction d’instruments si chers à Kurt Cobain, à la période punk-rock, et avant ça, aux artistes du mouvement Fluxus.

« Un puissant manifeste politique »

Mais quelques mois auparavant, c’est sur cette même route qu’un afro-américain,

James Byrd Junior, a été attaché par une chaîne à un pick-up par des suprématistes blancs et traîné sur plus de 3 kilomètres.
James est resté conscient sur la plus grande partie du trajet et les assassins ont jeté ce qui restait de son
corps près d’un cimetière afro-américain.

Christian Marclay a refait exactement le même trajet avec son pick up et sa guitare attachée.

La guitare devient donc le prolongement du corps de James Byrd.

 

Là où la guitare de Christian Marclay crie sur les aspérités du goudron, on imagine le corps de James Byrd qui est passé au même endroit.

« Un hommage au Blues »

La guitare est le symbole du blues qui est né de la souffrance du déracinement des noirs américains dans les champs de coton. En la laissant traîner derrière son pick up et pousser des longues plaintes électriques, Christian Marclay rappelle avec cette guitare que c’est tout un peuple qu’on tue.

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