Tomber amoureux en 365 jours, mode d’emploi (avec signature en bas de page)

11 février 2026

À l’heure où les vitrines dégoulinent de cœurs rouges et d’injonctions romantiques, Persona Grata reçoit l’artiste suisse Jeanne Spaeter, qui a décidé de prendre l’amour au pied de la lettre (ou plutôt du contrat). Son postulat ? Le couple serait une construction sociale ; elle en a donc fait une performance.

Après de nombreuses recherches (à base de visionnage de films romantiques, d’écoute de chansons romantiques, et d’observation très sérieuse des couples hétéronormés), elle a lancé en 2021 le projet « Relation amoureuse de qualité« . Elle a déterminé des clauses et a écrit un contrat avec une avocate. Puis elle a rencontré une dizaine d’inconnus, susceptibles de vouloir participer à l’expérience. Un seul d’entre eux a donné suite, Mike. Ensemble ils ont signé un contrat en bonne et due forme : fréquence de nuits passées ensemble, nombre de rapports sexuels par mois, monogamie… Pendant un an, ils ont vécu sous les termes du contrat et ont partagé leur vie de couple sur Instagram. Ils ont surtout cherché à savoir si l’on peut tomber amoureux comme on devient performant au travail. Résultat : une expérience à la fois sociologique, intime, un tout petit peu romantique et cruellement cynique. Que Jeanne Spaeter résume dans son spectacle « Amour sous contrat », à voir (et à expérimenter, parce que c’est participatif !) vendredi et samedi à L’Echandole, à Yverdon-les-Bains.

« Le couple et le mariage sont les seules façons légales et sociales de faire groupe en tant qu’humain. Et bien sûr qu’on veut faire groupe ! (…) Moi je suis certaine que si on avait d’autres façons de faire groupe, et de pouvoir les légaliser, les gens peut-être choisiraient d’autres façons d’être ensemble, qui ne sont pas liées au couple hétérosexuel ou hétéronormatif. » – Jeanne Spaeter, artiste

Rediffusion sur GRRIF dimanche 15.02 à 11h.