À quoi ressemblerait le hip-hop des années 90 sans les grooves funk des décennies précédentes ? Probablement à un hiver froid, rude et rugueux. Alors faisons monter la température avec l’art du sampling.
En 1993, le duo new-yorkais Mobb Deep lâche Hit From the Back, un morceau sombre, minimaliste et tendu. Mais ce qui nous empêche de faire une crise de claustrophobie, c’est cette boucle funky, héritée d’un autre univers.
Un an plus tôt, la reine de la provocation Madonna secoue les radios avec Thief of Hearts, extrait de son album Erotica. Une pop moite, nocturne, qui transpire et qui colle à la peau. Seule la batterie ne semble pas baigner dans les fluides corporels.
En 1988, certains musiciens de jazz accusent le hip-hop de voler la musique plutôt que de la créer. Le collectif Stetsasonic signe alors Talkin’ All That Jazz, un plaidoyer pour le droit de sampler, à une époque où le hip-hop devait encore justifier son existence.
Pour retrouver la source, il faut remonter jusqu’en 1969. Cette année-là, le visionnaire Sly Stone enregistre You Can Make It If You Try avec son groupe Sly and the Family Stone.
Un morceau lumineux, porté par une basse ronde et un message simple : croire en soi, malgré tout.
Un groove optimiste, presque naïf, qui traversera les décennies pour nourrir des musiques beaucoup plus sombres, preuve que même les beats les plus durs ont parfois un cœur tendre et funky.
Un sample presque parfait.
Crédit image : Sly Stone

