Parfois, il suffit d’un sample pour qu’une boucle devienne culte et voyage dans tous les recoins du hip-hop. À tel point qu’un groupe n’hésitera pas à la reprendre une deuxième fois. C’est ce qui arrive quand une mélodie s’incruste dans la tête et y reste prisonnière, comme un groove qu’on n’arrive jamais à chasser.
En 2016, avec We Got It from Here… Thank You 4 Your Service, A Tribe Called Quest publie ce qui restera leur dernier album. Sur Enough!!, la boucle flotte, discrète, presque mélancolique, comme une photo un peu jaunie qu’on ressort d’une boîte en carton.
2007 Le hip-hop est dans un entre-deux : l’âge d’or est derrière, la trap n’a pas encore tout envahi.
Les beats restent chauds, cotonneux, nourris de soul, faits pour la nuit plus que pour les stades.
Danny! attrape la boucle, la floute légèrement et la laisse s’enfoncer dans le beat comme on s’embourbe dans un matelas à mémoire de forme.
1990. Le hip-hop est encore à hauteur d’homme : beats souples, voix posées, pas de surenchère.
Avec Bonita Applebum, A Tribe Called Quest est le premier à aller chercher cette boucle et à la mettre en lumière. Il la coupe, la magnifie et la fait tourner jusqu’à ce qu’elle devienne une signature.
Pour retrouver la source, il faut remonter en 1967.
Rotary Connection sort Memory Band, une soul cosmique construite autour d’une phrase mélodique qui tourne sur elle-même, comme un manège sous acide.
De Chicago aux block parties, des vinyles aux samplers, des années 60 à l’ère numérique, cette mélodie n’a jamais cessé de tourner.
Parfois au premier plan, parfois cachée dans l’ombre, mais toujours reconnaissable. Un sample presque parfait.
Crédit image : A Tribe Called Quest

