Si un producteur mérite vraiment le titre de roi incontesté du sample, c’est bien J Dilla.
20 ans déjà qu’il nous a quittés aujourd’hui, et pourtant ses boucles continuent de fasciner et de submerger tous ceux qui s’y plongent.
Cette semaine, on remonte le fil d’un sample qu’il a repris trois fois, chaque fois dans un contexte différent.
En 1997, Slum Village rappe sur un nuage. La boucle est discrète et vaporeuse. On a l’impression de souffler des bulles de savon qui éclatent lentement. Sans doute J Dilla, dans son bain, MPC3000 en main, sculptant le son avec sa précision légendaire.
Un an plus tôt, Dilla s’invite chez Busta Rhymes. La boucle est encore plus subtile, mais elle ouvre le morceau et installe ce groove savonneux unique, même si le rythme est plus direct et percutant.
En 1995, la même boucle, mais une ambiance différente avec Bullshit de The Pharcyde. Ici, la production est légère, décalée, joyeuse. C’est peut-être sur cette version qu’on distingue le mieux quel instrument Sa Majesté J Dilla a samplé.
Pour trouver l’origine, il faut remonter plus loin, très loin. 1967. Gary Burton et son vibraphone. Sing Me Softly of the Blues. Difficile d’imaginer qu’un morceau lent, aérien et fragile deviendra un pilier en béton armé du hip-hop.
Ces quelques notes traverseront les décennies et les continents pour devenir l’un des motifs les plus emblématiques du génie de J Dilla. Un sample presque parfait.
Crédit image : IA

