« Donuts » : l’album-testament de J Dilla

10 février 2026

J Dilla est mort le 10 février 2006, il y a 20 ans jour pour jour.
Et le détail qui résume à lui seul le personnage, c’est que son disque le plus mythique, Donuts, est sorti… trois jours avant sa mort.

Donuts n’est pas un album comme les autres.
Ce n’est pas un disque de rap.
Ce n’est pas non plus un album de producteur classique.

C’est une suite de mini-morceaux instrumentaux, des fragments, des boucles, des collages sonores. Un disque qui ressemble à un cerveau en train de rêver, ou à une radio intérieure qui saute d’une idée à l’autre sans prévenir.

À ce moment-là, Dilla est très malade. Il passe énormément de temps à l’hôpital et adapte son matériel : moins de machines de studio, plus de mobilité, une MPC plus compacte. Mais malgré tout, il continue à faire ce qu’il a toujours su faire : transformer quelques secondes de vinyle en musique neuve.

On parle souvent de Donuts comme d’une “beat tape”. Pourtant, c’est un vrai album, construit comme un film : transitions rapides, coupures nettes, scènes qui apparaissent et disparaissent. Et surtout, il y a quelque chose de profondément émouvant là-dedans. Beaucoup sont persuadés que Dilla y a glissé des messages codés, des clins d’œil à sa famille et à ses proches. Résultat : ce n’est pas juste un disque abstrait, c’est une œuvre intime, fragile, humaine.

Et puis Donuts rappelle un truc essentiel : Dilla ne “programmait” pas des beats. Il jouait la machine comme un instrument. Il reconstruisait des accords, découpait les sons avec une précision de musicien, et donnait aux machines un swing presque organique.

Après sa mort, Donuts devient un choc culturel. Le disque influence tout le monde : beatmakers, musiciens de jazz, producteurs électroniques… et même bien au-delà du hip-hop.

Vingt ans plus tard, l’album n’a pas vieilli.
Il est toujours moderne, imprévisible… et surtout vivant.

Crédit image : Stones Throw Records