Parfois, une voix vaut mieux que mille breaks de batterie, mille riffs funky ou mille accords de piano jazzy.
Aujourd’hui, on s’intéresse à un cri. Un cri qui a traversé les décennies.
Coiffe à plumes géante, petits pas de danse millimétrés et ambiance acid jazz ?
Bravo, vous avez reconnu Jamiroquai, emmené par le charismatique Jay Kay.
Sur The Kids, le groupe envoie un son aussi nerveux qu’un coq de combat et presque aussi granuleux qu’une peau de lézard.
Et puis, à 1 minute 20, il surgit : un cri primitif.
Trois ans avant Jamiroquai, ce cri se glissait déjà chez Simply Red.
En 1993, le chanteur Mick Hucknall ne porte pas de coiffe amérindienne, mais affiche fièrement ses bouclettes rousses.
Sur Freedom, le groupe tente d’injecter un peu de funk dans une pop très britannique.
Alors pour relever la sauce, Simply Red dégaine le même cri sauvage.
On rembobine encore. Direction la Floride avec l’un des groupes les plus festifs des années 80 : Miami Sound Machine.
Même si Gloria Estefan n’a besoin d’aucun renfort pour faire bouger le plus raide des gradés en uniforme, le groupe convoque lui aussi ce cri incandescent.
Alors d’où vient ce hurlement ?
Il faut revenir en 1976, à une époque où un seul homme suffisait à faire transpirer une salle entière.
Un homme qu’on appelait The Godfather of Soul, Mister Dynamite, The Hardest Working Man in Show Business… bref, James Brown.
Sur Get Up Offa That Thing, avant même que le groove ne démarre vraiment, il lâche un cri.
Pas un effet. Pas un gimmick.
Un cri brut, animal, électrique.
Un cri repris sauvagement, recyclé sans vergogne, et propulsé à travers les époques.
Un sample presque parfait.

