Daniel Caesar, beau mais flou. Mais beau.

17 novembre 2025

Daniel Caesar revient avec Son of Spergy, son quatrième album, un projet intime tourné vers la famille et la foi. Le titre fait référence à son père, pasteur, et annonce le ton : une mise à nu où la forme brille, mais le fond vacille.

Dès Rain Down, en duo avec Sampha, la production frappe : guitares feutrées, chœurs gospel, mix cristallin. La beauté sonore est indéniable, mais les paroles restent abstraites, flottantes. On manque de concret.

Have a Baby (With Me) illustre parfaitement cette limite : « Et si nous nous mariions, et si tu croyais / En Dieu, ce monde et l’enfer… ». L’émotion est là, mais le lyrisme tombe à plat. Baby Blue est peut-être le sommet de l’album sur le plan sonore. Les arrangements enveloppent l’auditeur, et même si le fond reste trop général, l’émotion passe.

Moon et Root of All Evil poursuivent ce contraste : production aérienne et soignée, mais paroles abstraites, comme dans « Suis-je un homme ou une bête ? … discipline-moi ». Ce type de tournure peine à ancrer l’auditeur dans une histoire tangible.

Son of Spergy est un album magnifique à écouter, mais parfois frustrant à comprendre. La production est impeccable, la mise à nu sincère, mais le lyrisme manque de profondeur. Un disque intime et ambitieux, qui se savoure surtout pour sa beauté sonore.

Son of Spergy de Daniel Caesar, sur Republic Records.