Boney M., Lady Gaga, Todd Edwards : Le sample à quatre syllabes

5 octobre 2026

Parfois, remonter l’origine d’un sample nous amène à croiser la route d’un danseur de disco torse poil, vêtu d’un simple slip en feuille d’aluminium. Mais pour comprendre comment on en est arrivé là, commençons par la fin.

En 2011, Todd Edwards, le dieu du remix, le pionnier de la UK garage, le chirurgien du sample, donne une nouvelle vie au titre Forgiveness du rappeur britannique Wretch 32. Histoire d’amener un peu de groove, le producteur américain sample une micro-boucle d’un classique disco. C’est tellement court qu’on entend à peine le début de la phr…

Trois ans plus tôt, Lady Gaga écoule 16 millions d’exemplaires de Poker Face. L’un des singles les plus vendus de tous les temps, qui propulse Madame Gaga au rang de superstar de la pop mondiale, de la galaxie et des univers parallèles. Un succès qui s’explique peut-être aussi en partie par ce gimmick vocal au ralenti joué en introduction.

En l’an 2000, le collectif australien The Avalanches, très porté sur l’échantillonnage, laisse les gimmicks vocaux de côté et se focalise sur la ligne de basse du fameux morceau, qu’il met en boucle en ouverture de Live at Dominoes.

Trois époques, trois ambiances, mais pourtant un seul point de départ : Boney M. En 1977, sous la houlette du producteur allemand Frank Farian, le groupe disco sort l’un de ses plus grands cartons : Ma Baker. Un titre survolté, au gimmick imparable et incarné par le légendaire Bobby Farrell (le fameux mec en slip alu).

Preuve qu’avec quatre syllabes et un peu d’audace, on peut traverser la UK garage, la pop mondiale et l’électronique australienne sans jamais perdre son groove, ni son slip.

Un sample presque parfait.