Veni Vinyle vici

4 janvier 2013

disque vinyle

Pourquoi ça gratte ? Pourquoi sa ondule ? Pourquoi c'est fragile ?

Parce que c'est physique.

Un vinyle c'est une sorte de tartine de plastique rigidifié.

On commence par faire une matrice qui servira de chablon. Elle est gravé avec un diamant et tout un système de balances complexe et minutieux qui empêche les sillions de se toucher, ou le long copeau de déborder sous l'aiguille de gravure.

Ensuite, on en fait une matrice de pressage pour pouvoir, non plus graver les vinyles à la chaîne, mais bien les presser. Une boule de vinyle posée sur la presse comme de la pâte à pizza est étampée à chaud et vous vous retrouvez avec vos vinyles copies-conformes. Ou presque ! Une vieille légende de mélomane indique que seul les 1000 premiers disques sont de qualité irréprochable. Après, même la matrice de pressage s'use.

Oui, ça s'use. C'est parce que c'est physique. Votre vinyle c'est une galette faite de bosse et de trous qui s'use au passage de l'aiguille, qui se rempli de poussière, qui subit les déformations de la chaleur comme du chocolat.

Mais ce sont tout autant de défauts qui font le charme du vinyle. Aujourd'hui, on lui trouve bien plus de chaleur  que ses cousins CD et MP3. Les bonnes oreilles sont même sensibles à la finesse de ses hautes fréquences. Plus précises que sur bon nombre de supports numériques, plus proches du son naturel.

Le disque vinyle à microsillon, c'est un peu le produit bio des supports audio. Mais comme les produits bios, ça se garde moins longtemps.

Aurélie et Stève

le retour du roi

Les nostalgiques donnent un second souffle au dique vinyle à microsillon.

Aujourd'hui, les 33,45 et 78 tours ressortent des brocantes pour coloniser les platines. A l'heure des MP3, les mélomanes leurs offrent une seconde chance  inespérée. la cassette audio n'a pas résisté aux nouvelles technologies, leur cousin à sillon est plus coriaces. Mais il a un prix…

De plus, le vinyle n'est pas à l'abri du piratage informatique. Avec l'arrivée des imprimantes 3D, des duplicatats illégaux commencent à éclore. (cf. vidéo ci-dessous ou suivez les explications sur ce site) La qualité n'est pas encore au top mais on s'approche doucement du St-Grall. En tous cas, les maisons de disques se préparent à de nouvelles batailles juridiques sur fond de droits d'auteur.

Le vynile n'est pas mort mais il n'a pas fini d'avoir des cicatrices.

Le code-baRRRRes : une invention sortie du sable chaud

3 janvier 2013

code-barres
Où qu'ils sont passés, les chiffres ?

Il y a des inventions qui n'ont l'air de rien mais qui sont pourtant révolutionnaires. Peut-être encore plus innovante que l'invention de la brique de lait ou des bas en nylon, il y a eu l'invention du code-barres.

Le code-barres n'existe pas depuis très longtemps. Le premier brevet date de 1952 et l'invention est américaine. Ce sont deux étudiants, Norman Woodland et Bernard Silver qui ont sorti ça de leurs cerveaux.

Norman Woodland

L'inventeur aux doigts de fées

Contrairement à ce que croient les paranos nourris au THX 1138, le but n'était pas de vous tatouer un code-barres sur la nuque à la naissance. L'idée était plutôt de rendre service aux grossistes de ce bas monde. Les deux jeunes étudiants voulaient trouver une manière de faciliter l'enregistrement des produits. Et comme souvent, l'invention est géniale mais n'est qu'une amélioration d'une invention antérieure. Leur première idée était d'utiliser le morse et un système de lecture pour lire les impressions codées. Ils créent un code-barres concentrique qui ressemblait en fait à une cible.

La première fois qu'il est utilisé dans le commerce, le code-barres sert à étiqueter des wagons. Ce n'est pas franchement un succès. Le premier objet au détail à avoir un code-barres est un paquet de chewing gums. On est en 1974, en Amérique, évidemment. Depuis, l'invention s'est envolée au-delà des frontières. Environ 5 milliards de code-barres sont scannés chaque jour dans le monde.

Et c'est sans compter celui qui est caché sur votre nuque.

Satan aussi se cache entre les lignes des code-barres

Explication rationnelle

Régis et Aurélie

Effet étrange

3 janvier 2013

Stubborn HeartStubborn Heart

Lorsque l'un des meilleurs groupes de 2012 reprend l'une des plus belles chansons de 1965, ça donne This Strange Effect par Stubborn Heart. Ecrit à l'origine par Ray Davies (The Kinks), le morceau prend un nouvel envol sublime et puissant. // Toujours au rayon des reprises, Jack White insuffle une âme et un son nouveau à Love Is Blindness, interprété la première fois en 1991 par un Bono (U2) sous tranquilisant. // C'est sur Mental Groove Records et c'est une perle : It's Just A Little Too Late de Wayne Paul. // Avec son groove tranquille mais néanmoins imparable, le groupe Caandides réalise une superbe complainte électronique intitulé Gaas. // On termine avec un gros son qui empeste le diesel et qui fera chauffer la Buick (entre 16h et 18h) ces prochaines semaines : Gold Halo de The Datsuns.

Fabrice

Stubborn Heart

This Strange Effect

Jack White

Love Is Blindness

Wayne Paul

It's Just A Little Too Late

Caandides

Gaas

The Datsuns

Gold Halo

Pour une nuit ou pour la vie, on entre dans la prison

2 janvier 2013

Et non, la prison n'est pas un concept tombé des cieux mais bel et bien une invention. C'est pour ça qu'on y entrait dans l'émission « Comme si je savais pas ».

Les inventions de l'homme sont multiples. Il y a celles qui libèrent comme la très chouette pénicilline ou la charmante trithérapie. Il y a aussi celles qui sont plus discutables comme la dynamite d'Alfred Nobel ou… la prison.

La prison « moderne » date de la fin du XVIIIème siècle. Une invention plutôt jeune. Une invention qui, bien qu'elle soit discutable, n'est  pas souvent discutée.

prison

Promenade collective autour du sujet

La prison, Michel Foucault s'enferme dans sa tête pour y penser.

 

La prison a beaucoup occupé un intellectuel français. Michel Foucault, une machine à penser et  à philosopher qui a sévi en France jusqu'au milieu des années 1980.

En 1975, il publie un ouvrage devenu célèbre : Surveiller et punir. Un ouvrage dans lequel il se penche, entre autres, sur l'utilisation de la prison comme moyen de punition.

Economique, la solution de la prison aurait donc été un choix par défaut plutôt que l'aboutissement d'une véritable réflexion autour de l'idée de la justice. La prison s'insère dans une économie du pouvoir et, en apparence, elle met fin à la barbarie des supplices.

foucault
Michel Foucault (1926-1984)

Pourtant, toujours selon Michel Foucault, le système n'est pas des plus convaincants. Il questionne la manière dont la prison s'est imposée dans le système pénal, apparemment comme la seule solution possible.

Foucault questionne aussi l'évolution de la prison, vers ce qu'il appelle une institution disciplinaire. Disciplinaire, d'abord, parce que les prisonniers doivent y travailler. Suivant l'idée que les délinquants doivent payer une dette (non pas seulement à leurs victimes mais à une société tout entière). Disciplinaire aussi par son organisation et sa construction. Du cachot caché, l'architecture évolue et permet désormais un contrôle total du prisonnier, une surveillance de tous les instants. Michel Foucault illustre cette idée de surveillance absolue par le panoptique de Bentham, une idée architecturale de la fin du XVIIIème que Foucault transforme en modèle abstrait de la surveillance.

Les plans de la prison moderne auraient quelque chose à voir avec les plans du monde.

Sortis des cerveaux des frères Bentham, au XVIIIème siècle.

Régis et Aurélie

La pilule, une invention qui tue

31 décembre 2012

pilule

La pilule, une invention qui n'aurait pas grand chose à voir avec la liberté sexuelle des femmes de ce monde.

En réalité, les travaux de recherches sur la contraception ne sont pas lancés dans le but de rendre service aux femmes. On est dans l'entre-deux-guerres, dans les années 1920,  et à cette période ce n'est pas l'idée de rendre service aux femmes qui nous obsède.

 

Les recherches sur la contraception débutent lorsqu'on commence à s'intéresser aux utilisations cliniques et commerciales de nos bonnes vieilles hormones.

 

On découvre qu'avec nombre d'entre elles, on peut soigner des maladies comme le diabète, les troubles de la thyroïde ou la polyarthrite. Et, au départ, si on s'intéresse aux hormones sexuelles, c'est surtout dans le but de traiter des problèmes d'infertilité plutôt que de contraception. Sauf dans certains milieux eugénistes où on cherche à promouvoir la stérilisation de personnes jugées inadaptées.

En 1921,  le professeur Ludwig Haberlandt réalise la première expérience de contraception hormonale temporaire mais devant l'hostilité générale de l'opinion publique, il se suicide et ses travaux tombent dans l'oubli. En 1939, le professeur de Chimie organique américain Russel Marker reprend le flambeau. Il est le premier à réussir la fabrication de progestérone, l'hormone qui empêche la gestation. Il dépose même un brevet, mais personne n'a l'idée de l'utiliser à des fins contraceptives. Une deuxième Guerre mondiale plus tard, la forte natalité dans les pays pauvres inspire ça et là quelques réflexions au sujet du contrôle des naissances.

La science va venir mettre son grain de progestérone.

En 1951, après avoir taillé le bout de gras avec une infirmière du nom de Margaret Sanger le Dr Pincus, un spécialiste international des hormones a l'idée d'utiliser la progestérone comme contraceptif. Après quelques tests sur les animaux, il fabrique la première pilule contraceptive. On est en 1952. Quelques essais plus tard, le brave Dr Pincus présente sa pilule contraceptive à un congrès de médecins. Devant le peu d'enthousiasme, notre docteur déménage à Porto Rico, où la contraception n'est pas illégale. C'est là qu'il parachève son oeuvre. L'autorisation de mise en marché de la pilule contraceptive est délivrée le 23 juin 1960 et, très vite, c'est un succès commercial dans le monde entier. Aujourd'hui, on estime que 60% des femmes âgées entre 20 et 40 ans utilisent cette forme de contraception.

Petit cours de rattrapage pour comprendre ce qui se cache dans votre semainier.

Le lave-linge, cadeau des hommes aux femmes

28 décembre 2012

Machine à laver dans les années 1910-1929 aux USA
Va laver mes vieux caleçons, femme !

Laver son linge sale en public

Retour sur les temps sombres et difficiles du lavoir

On ne lave pas le linge au sens où on l'entend aujourd'hui avant le 19e siècle. Des études montrent d'ailleurs que si l'on remontait le temps, ce qui nous poserait le plus problème par rapport au passé, ce sont les odeurs pestilentielles de l'ancien temps.

On crée les premiers lavoirs au 19e siècle, pour lutter contre le manque d'hygiène. La période de 1830 à 1850 est marquée par des épidémies de choléra à répétition. De fait, les lavoirs deviennent obligatoires pour lutter contre les bactéries. On en construit à foison.

Le produit de lessive de l'époque, c'est de la cendre très fine, et on lave en aval des rivières pour ne pas contaminer l'eau, en frottant à la brosse. C'est un travail épuisant qui dure plusieurs jours et qui prend énormément de temps. Les plus riches embauchent carrément des laveuses. Certaines femmes en font donc leur métier, un métier de soldat.

Le lavoir est un espace à la fois privé et public. Les familles aisées ont leur propre lavoir au fond du jardin, les autres lavent en société. Le lavoir public est souvent un lieu de rendez-vous social. On dit d'ailleurs qu'à l'époque, le lavoir est aux femmes ce que le cabaret est aux hommes. On compare sa richesse à celle des autres, suivant le nombre de draps qu'on vient laver ; on relègue les plus défavorisées à la moins bonne place ; on scrute le sang sur les culottes de ses camarades. C'est au lavoir qu'on ragote sur les grossesses et les cocus. Laver son linge sale en public, sublime expression pour activité sublime.

L'avènement de la machine à laver

Merci messieurs

C'est donc un grand pas en avant pour l'homme – mais surtout pour la femme, soyons lucides – quand quelqu'un trouve le moyen de nettoyer les vieux caleçons sales de ces messieurs dans une machine.

L'invention de cette machine est attribuée à un Allemand, Jacob Christian Schäffer. Il publie en 1767 un écrit intitulé « Die bequeme und höchstvortheilhafte Waschmaschine », autrement dit « la confortable et pleine d'avantages machine à laver ». Mais le premier brevet pour une telle installation est déposé 30 ans plus tard, en 1797, par l'Américain Nathaniel Briggs.

Alors oui, c'est une machine, mais elle fonctionne quand même à la force des bras. Heureusement, l'homme, dans sa grande bonté envers la femme, ne s'est pas arrêté là. Dans les décennies suivantes, l'appareil ne cesse d'évoluer : laveuse à rouleaux en 1843, machine à laver mécanique en 1866, machine à laver à moteur électrique en 1930, première machine automatique en 1937. A partir de là, c'est la surenchère : on découvre les premières machines combinées, ou la force centrifuge dans le tambour est utilisée pour essorer le linge ; puis les bienfaits de l'électronique, les machines avec des programmes différents en fonction du linge, puis les machines qui, en plus de laver, sont capables de sécher.

Après, on apprend que ce qui est doux a l'air neuf, qu'il existe une couleur plus blanc que blanc et que le calcaire peut endommager notre lave-linge. Alors on nous enfile des produits miracles dans le tambour, à grand renfort de publicités toujours destinées, comme par hasard, à ces femmes que la machine à laver a tellement émancipées.

Ce qu'est devenue la planche à laver aujourrd'hui

Marie-Luce & Léonie

Baiseur étoile

27 décembre 2012

STRFKRSTRFKR

L'année 2013 démarre sous les étoiles avec STRFKR (prononcez Starfucker) et son tube électro-pop rose chewing-gum While I'm Alive. Une mélodie qui dit youpi la vie. // Après les étoiles de STRFKR, on passe au son interplanétaire de Lunivers, logique. // All I Want de Kodaline, ça c'est de la musique pour faire pleurer. // Pour sécher vos larmes, vous n'avez qu'à utiliser la guitare et le tambourin de Outer Minds. // Si ça ne suffit pas, demandez l'harmonica de Charlie Mussewhite et Ben Harper. // 2013 sonne aussi le retour d'artistes qui ont déjà bien envoyé en 2012 : Allah-Las, The Heavy, The Babies et The Dandy Warhols.

Fabrice

STRFKR

While I'm Alive

Lunivers

Happy Route

Kodaline

All I Want

Outer Minds

Cool Times

Charlie Mussewhite & Ben Harper

I Don't Believe A Word You Say

Allah-Las

Long Journey

The Heavy

Can't Play Dead

The Babies

Get Lost

The Dandy Warhols

The Autumn Carniva

TrrinitRRotoluène, mon amouRR

27 décembre 2012

Image de ruine historiques dynamitées par des gros bourrins militaires.

COMME SI J'SAVAIS PAS pète plus haut que son QI.

Aujourd'hui, l'invention qui nous intéresse c'est le TNT. Un explosif mou du genou et qu'on aime pour ça.

la recette

Wikipédia nous raconte que le trinitrotoluène, nom de code C7H5N3O6, est préparé par nitration du toluène. Ça nous fait une sacrée belle jambe. Mais ce qui est génial avec internet c'est qu'on y trouve tout, et surtout n'importe quoi. La recette du TNT n'aura bientôt plus de secrets pour vous.

Il y a bien des sites qui prennent des précautions. J'en ai trouvé un par exemple qui propose toute une liste de recettes explosives. Mais on peut y lire cet avertissement : «  Pour avoir accès à cette page en entier, veuillez me contacter en m'indiquant pourquoi vous voulez accéder à cette page, ainsi que votre âge. Cette précaution a été instaurée afin d'éviter tout accident à ceux qui pourraient lire la page sur la fabrication de bombes. Merci de votre compréhension. »

C'est sûr, un simple e-mail et t'es au-dessus de tout soupçon.

« Bonjour, je m'appelle Oussama, je suis majeur et je souhaiterais accéder à vos recettes pour fabriquer une série de ceintures d'explosifs destinées à perpétrer des attentats contre les Etats-Unis. »

Mais de toute façon, on trouve facilement d'autres recettes. Celle-ci est issue de « The anarchist Cookbook », traduisez « Le Livre de recettes anarchistes », qui n'a pourtant rien à voir avec le mouvement anarchiste. Il a été publié en 1970 comme un manifeste contre le gouvernement des États-Unis et la guerre du Viet Nam. Outre des recettes d'explosifs, il contient des instructions pour fabriquer de la drogue, des appareils de télécommunications, et des méthodes pour tuer quelqu'un à mains nues. Mais bref, passons à la recette du TNT, que je vais résumer pour ne pas avoir vos attentats terroristes sur la conscience.

  •  D'abord, préparez deux solutions : la première composée de 76% d'acide sulfurique, de 23% d'acide nitrique et d'1% d'eau ; la seconde de 43% d'acide sulfurique et 57% d'acide nitrique. Ensuite, il faut refroidir, puis chauffer, laisser mijoter, puis refroidir puis chauffer, à chaque fois à des températures très précises, de savantes quantités de la première solution. C'est censé séparer l'acide du liquide huileux qui va finir par se former. Il faut alors y ajouter un peu de la seconde solution, puis chauffer, puis laisser cuire, puis refroidir, puis mélanger. On obtient finalement des boulettes de TNT.

Sur le forum qui reproduit cette recette du TNT, on explique que les instructions sont imprécises, notamment au niveau des concentrations d'acides. Et Wikipedia avertit que toute la difficulté de la synthèse du TNT vient du fait que la température nécessaire pour l'obtenir est très proche de la température d'explosion du composé intermédiaireâ… ça risque donc de faire l'effet d'une bombe.

 

Léonie, Stève

La grrande histoirre du petit coin

26 décembre 2012

Toilettes publiques antiques à Rome
L'ancêtre des toilettes publiques, durant l'Antiquité. A chacun son trou.

Un brin de causette pour un brin de toilettes

Les toilettes, les cabinets, les WC, les sanitaires, les commodités ou les lieux d'aisance : quel que soit le petit nom intime qu'on lui donne, il s'agit là d'une invention dont l'utilité est démontrée plusieurs fois par jour.

Son origine remonte à celles de la civilisation ; il y a très longtemps que l'on sait que quand beaucoup de personnes se trouvent au même endroit, les excréments s'amoncèlent et que ce n'est pas très joli. Alors au XXVe siècle (oui, 25e) avant J.-C. déjà, dans le nord de l'actuel Pakistan, chaque maison possède des toilettes, qui permettent d'évacuer tout ce qu'il faut via un réseau d'eau. Mais apparemment, cette modernité ne se répand pas partoutâ… l'humanité a même régressé.

Les excréments : de la rue aux égouts

Dans la Rome antique, on déverse le caca dans la rue ; il s'accumule dans un canal central et c'est la pluie qui vient nettoyer tout ça, de temps en temps. La haute société se distingue en utilisant des pots de chambre (mais on a beau être aristo, on a quand même l'air con sur un pot de chambre.)

Et puis, au Moyen Âge, l'Europe et l'Asie prennent des chemins différents. En Asie, on s'applique à récupérer les excréments pour en faire de l'engrais, et donc à les évacuer des centres habités. En Europe par contre, on gaspille tout. A la campagne, un trou, une planche et basta; à la ville, on construit les latrines en hauteur, dans les bâtiments, pour que leur contenu puisse tomber en contrebas. Mais les systèmes de collecte des excréments sont rares. Au mieux, ça part dans la rivière. Au pire, dans la rue. Et ça donne lieu à des situations sympa : à Berlin en 1671, il y a de tels monceaux d'immondices devant une église qu'une loi oblige les paysans qui visitent la ville à en embarquer une partie en repartant. Les habitants de Paris font leurs besoins directement dans la rue, tandis qu'à la cour de Versailles, la noblesse va derrière les portes, sur les balcons ou dans les jardins (oui, ceux que les touristes visitent aujourd'hui avec émerveillement).

Ce qui a tout changé, c'est le retour, au XVIe, de cette idée datant de l'Antiquité : la chasse d'eau. Mais à cette époque-là, elle ne fait qu'entraîner les déjections dans la nature. Au XIXe, le niveau de pollution des rivières atteint son paroxysme, et c'est cet épisode, appelé « La Grande Puanteur », qui a donné naissance aux égouts. Merci la vie.

Quand on est obligés de partager…

(… Parce que parfois, les toilettes sont publiques.)

Marie-Luce et Léonie