Sans alcool, les USA ont la gueule de bois

24 août 2012

Prohibition
Quel gâchis.

La dernière de « Comme si je savais pas » a fait vœu d’abstinence pour se replonger dans une tranche non alcoolisée de l’histoire des Etats-Unis : la prohibition.

Origines

La prohibition, c’est l’interdiction de la fabrication, du commerce et de la consommation d’alcool. C’est surtout un phénomène lié aux Etats-Unis, dans la première moitié du 20e siècle, mais on peut aussi citer le Canada, la Finlande et la Russie.

Aux Etats-Unis, la prohibition a découlé du mouvement de tempérance, créé au 18e siècle par les pasteurs presbytériens. L’alcool était désigné comme le responsable des violences conjugales et de la pauvreté. Les hommes d’église se sont très tôt mis à prêcher contre la consommation de cette invention démoniaque.

Le Maine fut le premier Etat américain à devenir un « dry state », un Etat sec, avec l’instauration de la prohibition en 1851. L’alcool faisait alors l’objet d’une véritable chasse aux sorcières, avec les femmes qui manifestaient devant les saloons des « wet states », les Etats sans prohibition. En fait, ce sont surtout les femmes qui ont œuvré pour que l’interdiction de l’alcool se généralise partout. Les eaux de vie ont rapidement été considérées comme un obstacle à l’émancipation féminine et au droit de vote. L’alcool, un bouc émissaire tout trouvé. On peut retenir cette formule : femme + religion = prohibition.

Evolution

De plus en plus d’Etats sont devenus « secs ». En 1916, 26 sur 48 ont interdit l’alcool. A l’époque, les brasseries américaines étaient souvent tenues par des Allemands. Mais durant la Première guerre mondiale, la germanophobie s’est répandue. Et elle a contribué au développement de la prohibition. En 1919, le Volstead Act a interdit sur tout le territoire américain la fabrication, la vente et le transport de boissons qui contiennent plus de 0,5% d’alcool. Exceptions : les médicaments, le vin des offices religieux et les boissons préparées à la maison.