Pour une nuit ou pour la vie, on entre dans la prison

2 janvier 2013

Et non, la prison n’est pas un concept tombé des cieux mais bel et bien une invention. C’est pour ça qu’on y entrait dans l’émission « Comme si je savais pas ».

Les inventions de l’homme sont multiples. Il y a celles qui libèrent comme la très chouette pénicilline ou la charmante trithérapie. Il y a aussi celles qui sont plus discutables comme la dynamite d’Alfred Nobel ou… la prison.

La prison « moderne » date de la fin du XVIIIème siècle. Une invention plutôt jeune. Une invention qui, bien qu’elle soit discutable, n’est  pas souvent discutée.

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Promenade collective autour du sujet

La prison, Michel Foucault s’enferme dans sa tête pour y penser.

 

La prison a beaucoup occupé un intellectuel français. Michel Foucault, une machine à penser et  à philosopher qui a sévi en France jusqu’au milieu des années 1980.

En 1975, il publie un ouvrage devenu célèbre : Surveiller et punir. Un ouvrage dans lequel il se penche, entre autres, sur l’utilisation de la prison comme moyen de punition.

Economique, la solution de la prison aurait donc été un choix par défaut plutôt que l’aboutissement d’une véritable réflexion autour de l’idée de la justice. La prison s’insère dans une économie du pouvoir et, en apparence, elle met fin à la barbarie des supplices.

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Michel Foucault (1926-1984)

Pourtant, toujours selon Michel Foucault, le système n’est pas des plus convaincants. Il questionne la manière dont la prison s’est imposée dans le système pénal, apparemment comme la seule solution possible.

Foucault questionne aussi l’évolution de la prison, vers ce qu’il appelle une institution disciplinaire. Disciplinaire, d’abord, parce que les prisonniers doivent y travailler. Suivant l’idée que les délinquants doivent payer une dette (non pas seulement à leurs victimes mais à une société tout entière). Disciplinaire aussi par son organisation et sa construction. Du cachot caché, l’architecture évolue et permet désormais un contrôle total du prisonnier, une surveillance de tous les instants. Michel Foucault illustre cette idée de surveillance absolue par le panoptique de Bentham, une idée architecturale de la fin du XVIIIème que Foucault transforme en modèle abstrait de la surveillance.

Les plans de la prison moderne auraient quelque chose à voir avec les plans du monde.

Sortis des cerveaux des frères Bentham, au XVIIIème siècle.

Régis et Aurélie