Le docufiction: le mensonge de la vérrité du leurre

14 août 2012


E.T. est bien allé sur la lune. Mais l’homme, non.

Mais c’est quoi, ce truc?

Le docu-fiction, une invention de Robert Joseph Flaherty

C’est ce cinéaste américain qui le premier, s’est attaché à captiver les spectateurs avec des images de reportages pour raconter des romans. Robert Flaherty.

C’était à la fin des années 20.

Tout était en noir et blanc, muet, mais tout le monde voyait bien que les images tournée par Robert Flaherty était tirées de situations bien réelles.

Impossible de recréer en studio avec autant de perfection, les esquimaux  du film NANOUK l’ESQUIMAU.

Par contre, ce que l’audience ne savait pas trop, c’est que les histoires qui étaient racontées, elles, étaient complétement fictives, ou en partie fictives puisque tirées quand même de séquence de vie bien réellesâ…

La force de Robert Flaherty c’est qu’avant d’être un bon cinéaste de son époque, c’était un excellent ethnologue !

Un brin aventurier, il allait à la rencontre de ses « acteurs ». Il passait du temps avec eux, découvrait tous les aspects de leur personnalité, de leur culture, leur mode de vieâ…

Et une fois qu’il savait tout d’eux, il filmait et échafaudait un scénario. Ce qui fait que notre bon Robert ne savait jamais vraiment de quoi parlerait son prochain film.

Ça c’était dans les années 20. Aujourd’hui, les ethnologues sont aussi journalistes, ou sociologue, pragmatiques en tous genres qui veulent pousser les débats en avant. Mais leur démarche reste la même ; on prend la réalité et on la rêve un cran plus loinâ…

Exemple de documenteur? Opération Lune

Et pour le docudrame? Bye Bye Belgium, pardi!

Le docudrame, c’est une sous-catégorie du docufiction. La télévision l’adore. On l’utilise pour parler d’un événement, avec des acteurs et des témoins réels.

Et le plus connue des docudrames, c’est Bye Bye Belgium. Ça se passe le 13 décembre 2006 en Belgique. La RTBF, la télévision nationale, arrête ses programmes et le présentateur chouchou, le Darius Rochebin belge, annonce : « La Belgique en tant que telle n’existerait plus. »

Les journalistes sont en direct de palais royal et annoncent que le Roi a fui au Congo. Des hommes politiques, mais aussi Axelle Red ou Philippe Geluck réagissent en direct.

Tous les ingrédients d’un docudrame : de vrais témoins, des acteurs, des experts et un événement extraordinaire.

Mais les créateurs de Bye Bye Belgium ont laissé quelques indices pour les téléspectateurs: au début du docudrame, on pouvait lire un sous-titre qui disait «  ceci n’est peut-être pas une fiction », et qui a été remplacé au bout d’une demi-heure par « ceci est une fiction ». Mais un sondage révélera que la plupart des téléspectateurs y ont quand même cru jusqu’au bout.

Mais… pourquoi ?! Eh bien la chaîne RTBF voulait remuer l’opinion publique, faire bouger les politiques, et montrer à la Belgique que oui, la fin du pays, c’est possible.

Et au final, ça n’a rien changé.. La Belgique est toujours entière, mais les tensions sont encore pires. La seule chose qu’on retient, c’est qu’aujourd’hui, Bye Bye Belgium est l’exemple le plus parlant de docudrame.