La main surr le coeurr (et surr la gâchette)

17 août 2012

Cantique suisse
Ce n’est pas ici que vous apprendrez la suite de l’hymne national suisse.

Notre pays, il est bien mieux que les autresâ… C’est tellement évident qu’on pousse la chansonnette pour le dire à tout le monde.

Les origines de cette belle preuve d’humilité

Ah, les chants patriotiquesâ… On nous en a enfilé plein les oreilles ces dernières semaines, Jeux Olympiques obligentâ… Mais d’où ça vient, cette tradition qui consiste à chanter les louanges de son propre pays à la face des autres ? En Europe, ça vient du 19e siècle. C’est à ce moment-là que les hymnes nationaux ont émergé. Ça correspond au moment où les nations sont peu à peu devenues indépendantes.

Il y a plusieurs moyens, pour un hymne, de devenir national – une consécration). Parfois, c’est prévu dans la constitution, ou alors c’est inscrit dans une loi. Dans d’autres cas, c’est une simple tradition.

En quelle langue faut-il te le dire ?

Les paroles sont en principe chantées dans la langue du pays. Avec quelques spécialités : au Pakistan par exemple, on chante en persan et pas en ourdou. A Singapour, parmi les quatre langues officielles, on a choisi le malais qui est le langage des premiers habitants de l’île. La Suisse, bien sûr, se distingue avec une version pour chaque langue nationale. Mais l’Afrique du sud est encore plus multilingue : l’hymne est carrément écrit en cinq des onze langues officielles. Mention particulière à l’hymne britannique, qui change de paroles comme de souverain. On connaît aujourd’hui le « God save the Queen », mais dès que l’Elizabeth cassera sa pipe, on retrouvera le « God save the King », puisque c’est d’un roi que Dieu devra s’occuper en priorité à ce moment-là.

Surr nos monts, des parroles rringarrdes

Mais pourrquoi tant de haine, borrdel ?

Les hymnes et les incidents diplomatiques

Sur nos monts quand le soleil annonce un scandale politique !

L’homme n’est pas parfait. Alors imaginez-le jongler avec les milliers de versions des hymnes nationaux de toute la planète.  Il y a toujours un moment où ça se casse la gueule. Voici quatre exemples de drames politiques sur fond d’hymnes nationaux…

Deutschland, Deutschland über alles !

Les Allemands sont bien embêtés avec leur hymne. Le premier couplet a été tellement repompé par le régime nazi qu’il est interdit dans les événements officiels. Mais c’est un détail qui échappe à pas mal de monde. Entre 2008 et aujourd’hui, l’erreur a été commise à cinq reprises. Notamment par la SSR en 2008 lors de la retransmission des matchs de l’Eurofoot. Notre télévision nationale a mis les sous-titres de ce premier couplet de la honte. Bien joué.

Non, Borat ne représente pas officiellement le Kazakhstan !

Au mois de mars 2012, lors des championnats du monde de tir au Koweit, le Comité olympique a diffusé par erreur la bande originale de Borat (film parodique sur le Kazakhstan) à la place de l’hymne officiel. C’est comme si on passait le générique d’Heidi à la place de notre bon vieux Cantique suisse.

God bless America ! Mais sans distorsion, s’il vous plaît

Jimi Hendrix avait eu la bonne idée de reprendre l’hymne américain lors de son concert à Woodstock en 1969. Seulement, son cynisme n’a pas plu à tout le monde. Le fait est que le guitariste de légende a interprété l’hymne avec une distorsion de guitare qui faisait cruellement penser aux bombes de la guerre du Viet Nam, qui battait son plein à l’époque.

Aux armes, Serge Gainsbourg

Le plus gros coup de pieds dans ta face de République Française est signé monsieur Gainsbarre ! En 1979, l’homme à la tête de chou reprend l’hymne national français en version reggae, en écornant les paroles. C’est Aux Armes etcaetera. Ça pique chez les patriotes. Tant et si bien que lors d’un concert à Strasbourg en 1980, des parachutistes français viennent dans la salle pour y faire scandale.

Coup de pied retourné de Gainsbourg : l’artiste apprend la nouvelle, décide de se présenter seul sur scène et de reprendre la première strophe du chant a capella. Ce qui oblige les militaires à ôter leur képi de révolutionnaires et à chanter avec luiâ…