La grrande histoirre du petit coin

26 décembre 2012

Toilettes publiques antiques à Rome
L’ancêtre des toilettes publiques, durant l’Antiquité. A chacun son trou.

Un brin de causette pour un brin de toilettes

Les toilettes, les cabinets, les WC, les sanitaires, les commodités ou les lieux d’aisance : quel que soit le petit nom intime qu’on lui donne, il s’agit là d’une invention dont l’utilité est démontrée plusieurs fois par jour.

Son origine remonte à celles de la civilisation ; il y a très longtemps que l’on sait que quand beaucoup de personnes se trouvent au même endroit, les excréments s’amoncèlent et que ce n’est pas très joli. Alors au XXVe siècle (oui, 25e) avant J.-C. déjà, dans le nord de l’actuel Pakistan, chaque maison possède des toilettes, qui permettent d’évacuer tout ce qu’il faut via un réseau d’eau. Mais apparemment, cette modernité ne se répand pas partoutâ… l’humanité a même régressé.

Les excréments : de la rue aux égouts

Dans la Rome antique, on déverse le caca dans la rue ; il s’accumule dans un canal central et c’est la pluie qui vient nettoyer tout ça, de temps en temps. La haute société se distingue en utilisant des pots de chambre (mais on a beau être aristo, on a quand même l’air con sur un pot de chambre.)

Et puis, au Moyen Âge, l’Europe et l’Asie prennent des chemins différents. En Asie, on s’applique à récupérer les excréments pour en faire de l’engrais, et donc à les évacuer des centres habités. En Europe par contre, on gaspille tout. A la campagne, un trou, une planche et basta; à la ville, on construit les latrines en hauteur, dans les bâtiments, pour que leur contenu puisse tomber en contrebas. Mais les systèmes de collecte des excréments sont rares. Au mieux, ça part dans la rivière. Au pire, dans la rue. Et ça donne lieu à des situations sympa : à Berlin en 1671, il y a de tels monceaux d’immondices devant une église qu’une loi oblige les paysans qui visitent la ville à en embarquer une partie en repartant. Les habitants de Paris font leurs besoins directement dans la rue, tandis qu’à la cour de Versailles, la noblesse va derrière les portes, sur les balcons ou dans les jardins (oui, ceux que les touristes visitent aujourd’hui avec émerveillement).

Ce qui a tout changé, c’est le retour, au XVIe, de cette idée datant de l’Antiquité : la chasse d’eau. Mais à cette époque-là, elle ne fait qu’entraîner les déjections dans la nature. Au XIXe, le niveau de pollution des rivières atteint son paroxysme, et c’est cet épisode, appelé « La Grande Puanteur », qui a donné naissance aux égouts. Merci la vie.

Quand on est obligés de partager…

(… Parce que parfois, les toilettes sont publiques.)

Marie-Luce et Léonie