La Coupe du Monde de GRRIF

27 juin 2014

guitare, terrain, foot

On préfère jouer de la musique.

GRRIF fait sa coupe du monde. Mais on se fiche pas mal de devoir parier sur 22 asticots qui se bouffent l’épaule pour un ballon. Nous ce qu’on veut, c’est de la musique.

Du coup, pour chaque pays qualifié en 8ème de finale du Mondial au Brésil, on est allé chercher un artiste du pays et c’est lui qui jouera pour son drapeau.

Vous êtes les arbitres.

Chaque jour, vous pouvez découvrir les matchs dans la Semaine des 4 Jeudis, entre 11h et midi sur GRRIF. On vous présente les différents artistes qui se jètent dans notre stade avec leur chanson. Et quand les joueurs ont chanté leur hymne national, c’est vous qui allez voter pour le meilleur. ça se passe sur la page d’à côté.

Au final, on élira notre champion du monde à nous: le pays qui nous aura le plus fait vibrer avec sa musique. Et Sepp n’aura pas le moindre centime. Bam !

Stève

République Atypique
République Atypique

         

            

               

                

 

A une époque où l’Argentine se complaisait sous la tyrannie de la House cocktail, Eduardo LaForgia a décidé de prendre le ballon et de filer tout droit au but avec une Jungle bien sale. « Fuck le jeu collectif, moi ce que j’aime c’est les sons made in UK ! »

Alors Eduardo est devenu Bad Boy Orange, le sale gamin qui fait ce qu’il veut au point de choisir de joueur sous les couleurs des bataves (Oranje!). Bad Boy Orange est aujourd’hui un des types les plus influents de la scène électronique de Buenos Aires, rattrapée, elle aussi par la déferlante Dubstep. Sauf que lui fait les choses bien. Tel le disque qu’il présente sur le terrain aujourd’hui : Who stole the soul.

Et le plus marrant dans tout ça, c’est qu’il a un peu la tronche de Messi notre Bad Boyâ…

                

                

 

          

Shamir
Shamir

         

          

     

BRNS c’est le projet d’un disquaire de Bruxelles et de son pote qui se sont dit qu’avec toute la musique emmagasinée au fil du temps, il devait bien réussir à bricoler quelque chose. Qui plus est, sur une scène belge qui regorge de talent que les français n’arrêtent pas de voler (et je ne vous parle pas seulement de Jean-Philippe Smet ou de Paul Van Haver).

BRNS, c’est des lamentations qui ricochent sur une musique Indie Rock Polychrome. Des textes désespérés qui ne s’apitoient pas sur leur sort. Mais au contraire, qui sont chantés avec enthousiasme à vous filer le parkinson de la jambe gauche. Attention aux crampes.

BRNS va sortir un nouvel album en août mais c’est avec un de leur vieux classique de 2011 qu’ils vont jouer leur qualification : Mexico. Le livre de la jungle version bouffeurs de fricadelles éplorés.

           

Rachid Taha
Rachid Taha

        

Des graphistes qui font dans la Deep-House, vous en trouvez 52 au mètre carré en Europe. La différence avec Henrik Schwarz, c’est que lui est allé un peu plus loin. Il a tenté des expérimentations plus acoustiques. Tant et si bien qu’un certain Gilles Peterson, empereur de l’Electro-Jazz, a repéré un de ses disques et l’a joué dans un de ses sets suivis par le monde entier.

Après ça, Henrik Schwarz a arrêté de faire du graphisme pour se consacrer entièrement à la musique.

Il participe à cette compétition avec We Are Bankrupt. Une étrangeté électronique très plaisante. Repérée par le combo Berlinois Modeselktor qui la diffuse sur sa compilation Modeslektion.

A noter que le clip de ce titre est l’œuvre de Pfadfinderei, très copains avec Modeselektorâ… Ceci explique cela.

           

       

Nneka
Nneka

       

  

Comme le dit très bien le journal des Inrocks ; Feu ! Chatterton, c’est l’héritage de Bashung ou de Ferré propulsé dans le sillage de The XX ou de LCD Soundsystem.

Ces cinq parisiens font dans le post-punk intelligent et poétique. Après avoir soumis leur production pendant 2 ans aux différentes scènes parisiennes ces dandys bleu blanc rouge  sont enfin décidés à sortir un album. Il viendra en septembre. Il y’aura dessus La Malinche. Cette chanson avec laquelle Feu !Chatterton  représente la France dans cette compétition.

       

          

          

             

   

              

Seu Jorge
Seu Jorge

       

       

D’aucun pense que Nicolas Jaar est le fils de Jean-Michel Jarre. Que Nenni. Nicolas Jaar est le fils du réalisateur chilien Alfredo Jaar, spécialisé dans les projections murales. Aucun lien.

Nicolas Jaar, représente donc le Chili. Mais c’est à New-York qu’il a grandi et qu’il a fait ses classes. Il s’est donc rempli de l’énergie créatrice propre à la Grande Pomme et aussi de son esprit rebelle. En guerre permanente contre les Majors, ce génial producteur a utilisé les premiers dollars engrangés par ses productions HOUSE ATMOSPHERIQUE pour monter son propre label. Et avec lui, tacler tout le monde dans les 16mètres sans faire faute.

Nicolas Jaar défie le Brésil aujourd’hui avec le titre Encore, issu d’un EP sorti en 2012.

       

 

Systema Solar
Systema Solar

 

           

 

Jorge Drexler est un peu comme le président de son pays (Ndlr: José Mujica) : Un génie resté humain.

Il a été garde du corps, chanteur dans des synagogues et infirmier à domicileâ… jusqu’au jour où sa musique a fini par prendre le dessus, au point de décrocher l’Oscar de la meilleure bande originale de film. C’était en 2005 avec Al Otro Lado Del Rio sur le film Carnet de Voyage de Walter Salles.

Une consécration dans laquelle Jorge Drexler va révéler son côté mordant façon Luis Suarez : Le comité d’organisation des Oscar considérait que sa tête n’était pas assez connue, alors il a fait chanter la chanson par Santana et Antonio Banderas. Pour se venger notre artiste chantera son morceau a capella au moment de recevoir son prix !

C’est avec La Plegaria del paparazzo que Jorge Drexler va pourtant se battre dans ce Mondial de GRRIF. Chanson issue de l’album Bailar en la Cueva sorti au mois de mars de cette année.

     

         

Child of Lov
Child of Lov (†)

             

           

            

                  

Carla Morrison est prophétesse en son pays. Après avoir entamé une école de musique à Phoenix (USA) et avoir trimballé son projet Babaluca dans tout le pays d’adoption de son père, elle est revenue au bled: Mexico City, pour y briller tout à nouveau. Quatre albums plus tard, elle fait partie des gros morceaux de la scène Mexicaine. Et je ne dis pas ça pour son léger embonpoint mais bien pour la richesse de sa folk, sa voix d’Emily Loiseau et tous les projets d’aide aux jeunes artistes qu’elle a développés.

C’est avec la chanson Me Encanta qu’elle joue cette coupe du monde, issu de l’album Dejenme llorar.

 

                 

Michael Livingstone
Michael Livingstone

            

            

              

           

       

On a découvert Million Hollers en surfant sur la page facebook STONER ROCK GREEK.

Interpelé par le son bien heavy de leur blues et la voix de redneck de la chanteuse, on s’est dit que sur le terrain de cette Coupe du Monde de GRRIF, ça allait soulever bien des mottes de terre.

Deux guitares, une batterie, pas de basse (et pas près d’en avoir si on en croit leurs commentaires sur le sujet), ce combo de Thessalonique est la vraie trouvaille de la compétition. Leurs trois premiers titres sont arrivés en novembre seulement. C’est avec un de ceux-là qu’il en découdront : Egoista socialista.

La force de la Suisse, c’est sa cohésion nationale. A en devenir presque une maladie. J’en veux pour preuve notre 9 février. C’est donc tout naturellement qu’on a choisi la plus incroyable bande de tordus de notre nation pour nous représenter sur le terrain: République Atypique. Du Hip-Hop qu’on a mis dans la machine à laver avec le linge Jazz, le linge Soul, le linge Rock pour qu’il déteigne sur tout, s’imprègne de tout. Preuve en est leur dernier album, Habemus Papam qui va même fricoter avec le divin.

Cohésion, oui, mais République Atypique a l’avantage de ne pas se prendre autant au  sérieux que notre NATI. Ce qui leur laisse l’avantage de la surprise. Ils se battent avec Pen to Paper.

             

Bad Boy Orange
Bad Boy Orange

           

Shamir c’est le Neymar de cette coupe du monde. Tout chez lui vise à l’efficacité sous une pointe d’excentricité.

Excentriques par cette voix de castra parfaitement assumée et maîtrisée sans qu’elle ne tombe  dans le cliché des grandes folles de Mollinaro.

Efficacité parce que ça se range à la croisée de tout ce qui brille aujourd’hui : sonorité 90’s à mort, mais rythmique un rien plus lente que la dance de 2 Unlimited, le tout avec une nonchalance de dandy swag qui peut marquer dans n’importe quelle position.

Le jeune prodige de Vegas tentera d’être à la hauteur de sa réputation avec un disque qui tourne depuis un moment sur GRRIF : If it wasn’t true.

 

          

            

BRNS
BRNS

         

            

Artiste qui taquine la France pinard et béret de Marine Lepen, Rachid Taha garde ses racines ancré au bled et tente de faire fleurir le pays qui l’a accueilli en 68. Et c’est avec sa guitare bien distorsionnée qu’il arrose le tout. Rachid Taha a inventé le coup fumant du Rock’ n’ Raï. Mélange de rock et de Raï qui rend les merguez encore plus fortes.

Rachid Taha aurait pu jouer la facilité avec un Rock el Kasbah qui pousserait n’importe quel supporter à l’hystérie, mais non. ‘est avec Galbi qu’il tente de briller, sorti l’an passé sur son dernier album : Zoom.

          

             

               

    

          

             

Henrik Schwarz
Henrik Schwarz

      

       

Nneka habite en Allemagne depuis des plombes mais c’est bien pour le Nigéria qu’elle va se battre. La patrie qui l’a vue naître et qui lui a donné cette envie d’émouvoir le monde avec sa Neo-Soul engagée directement inspirée par des Fela Kuti, Talib Kwelli et autres Lauryn Hill.

Etudiante en anthropologie, l’humain reste au centre de ses préoccupations. C’est tout naturellement qu’elle participe à cette coupe du monde avec un gros doigt d’honneur au capitalisme. Elle présente Lucifer, titre sorti en 2011 qui dénonce les grands de ce mondeâ… Sepp Blatter va prendre !

          

             

     

           

          

Feu! Chatterton
Feu! Chatterton

                

Seu Jorge, enfant des Favelas qui est sorti des bidonvilles grâce à sa guitare comme certains l’ont fait avec un ballon. Son miracle à lui va même lui apporté la couronne de « RENOUVEAU DE LA SAMBA-POP » en 2005. Rien moins que la nouvelle génération de Gilberto Gil en somme.

Seu Jorge est véritablement un des joueurs les plus expérimentés de cette Coupe du Monde de GRRIF avec 7 albums, 5 DVD’s, 12 films, dont la bande son de THE LIFE AQUATIC de Wes Anderson. Il se présente aujourd’hui en match d’ouverture avec la chanson Amiga da Minha Mulher parue en 2011 sur l’album Músicas para Churrasco, Vol. 1.

           

Nicolas Jaar
Nicolas Jaar

              

              

Systema Solar c’est comme si tout le camping de Paléo partait faire des concerts en caravanes. C’est une bande d’altermondialistes bariolés qui se réclame de la tradition des Pikos, ces sound systems ambulants qui font danser les côtes des caraïbes.

Mais, même s’ils aiment jouer avec les sonorités traditionnelles de leur pays, les troubadours de Systema Solar ont quand même de la belle machinerie DUB sous le capot, particulièrement efficace sur scène. Et grâce enfin à leur visuel de polichinelle sous champi, ils seront véritablement l’équipe la plus « spectacle »  de cette Coupe du Monde. Ils se présenteront avec la chanson Maria Casquito.

          

jorge drexler
jorge drexler

         

          

               

                 

          

            

                 

Il a beau avoir une tête de Zlatan Ibrahimovic, c’est pour les Pays-Bas que Child of Lov va jouer. Amsterdam plus exactement. Cela dit, le match risque d’être assez fantomatique, Child of Lov nous a quittés en décembre, à 27ans, suite à des complications sur le billard. Encore un grand artistes qui disparaît avant d’avoir pu réellement déployer ses ailes.

Mais même à titre posthume, Child of Lov a véritablement sa place dans cette coupe du monde de GRRIF. Il a été une des meilleures surprises néerlandaises de ces dernières années, au point d’émouvoir un génie comme Damon Albarn qui va lui offrir ses services sur une track : One Day.

C’est d’ailleurs avec ce titre qu’il se présente sur le terrain.

         

         

Carla Morrison
Carla Morrison

 

     

                 

Michael Livingston est l’inventeur du reggae en espagnole. Enfinâ… c’est surtout celui qui en a le plus commercialisé.

Il a grandi à New-York, à Harlem. Ses parents étaient jamaïcains et hispaniques et après avoir bossé sa voix et les instruments dès 5ans à l’Eglise Adventiste du Septième Jour, il avait non seulement le bagage technique mais aussi le mélange de cultures nécessaire pour se permettre des expérimentations musicales. Il a fini par bouger au Costa Rica, pour qui il joue cette Coupe du monde de GRRIF avec la chanson What about love ?

Accessoirement, Michael Livingston est aussi le premier joueur à débuter le concours avec un carton jaune. A force de mélanger reggae et musique latine, il a fini par être un des précurseursâ… du Reggaeton ! C’est très mal ça Michael.

                

Million Hollers
Million Hollers