L’art de prédire l’avenir, c’est souvent l’art de se planter

24 décembre 2013

Le meilleur moyen de ne pas se tromper, c’est encore de ne rien prédire. Ce qui n’empêche pas les « spécialistes » de toutes sortes de domaines de nous révéler, en exclusivité, ce qui va se produire dans l’avenir. Mais comme ils se plantent régulièrement, ça nous fait des erreurs pour alimenter « Comme si je savais pas ».

Nostradamus
Un sacré boute-en-train, ce Nostradamus.

La prédiction, c’est une science

Il est clair que prédire, juste comme ça, parce qu’on a l’impression que tel ou tel truc va se produire, ça n’a rien de scientifique. Par exemple : « Je pense que 2014 sera une année de merde », même si ça se révèle vrai pour beaucoup de gens, c’est du bullshit. Pareil pour des prédictions basée sur des croyances populaires, du style : « si le Bonhomme Hiver brûle bien, c’est qu’on aura un bel été ». En réalité, il y a des règles pour prédire de la manière la plus juste possible. Et surtout un principe fondamental : le déterminisme, ce courant de pensée qui dit que l’avenir est déterminé par le passé.

En gros, si on veut prédire le futur, il faut observer le passé et le présent. Newton et Leibniz, tous deux philosophes et scientifiques, sont allés plus loin en inventant la méthode de la prédiction dynamique. Cette théorie pose comme hypothèses que le déterminisme est complet (en d’autres termes, que l’avenir est complètement déterminé par le passé, et donc qu’il est écrit d’avance), et  que l’état présent détermine à la fois le futur et le passé. La première hypothèse pose la question d’une connaissance omnisciente, et ça devient tout à coup très philosophique, voire théologique. Mais on va en rester aux basesâ…

La prédiction dynamique, elle est présente aujourd’hui encore dans toutes les grandes théories fondamentales de la physique, sauf la mécanique quantique. Retenons juste que l’état présent d’un système est déterminé par des variables, qu’on peut modéliser en nombres réels. Après, tout est affaire d’équations, pour calculer comment sera ce même système dans le futur.

Il y a une deuxième grande façon de faire des prédictions : en utilisant sa propre raison. Autrement dit, le raisonnement prédictif, ou la prédiction rationnelle. L’avantage, c’est que la raison humaine est souple et peut s’adapter au problème posé. On n’a pas besoin de connaître exactement l’état futur d’un système ; on se contente d’une connaissance partielle. C’est ce qu’on utilise par exemple dans le cas des études de fiabilité.

Mais tout le monde ne s’en tient pas aux méthodes. Et prédire, c’est de toute façon prendre un risque…

Les prédictions ont toujours fasciné les masses. C’est le cas, aussi, des prophéties. Nostradamus, apothicaire de son état, s’adonnait à ce qu’il nommait « l’astrophilie ». Une façon de se baser sur les astres pour prédire l’avenir. Son ouvrage « Les prophéties » est resté célèbre. C’est un pavé constituté de quatrains censés annoncer l’avenir. Exemple le plus célèbre :

« Le lyon jeune le vieux surmontera,
En champ bellique par singulier duelle,
Dans cage d’or les yeux luy crèvera,
Deux classes une, puis mourir, mort cruelle. »

Ce quatrain annoncerait la mort d’Henri II. Dans la vraie vie, en 1559, Henri II a affronté le comte de Montgomery dans un tournoi de chevalerie. Tous deux auraient porté un lion comme insigne. Le roi s’est pris la lance dans le casque (qui, selon les adeptes des prophéties, était en or) et en aurait eu l’œil transpercé. Il est mort dix jours après.

Pour qu’une prophétie de Nostradamus se réalise, il faut donc beaucoup d’interprétation. La force de l’apothicaire, c’est ce style d’écriture, mélange de latin, de grec, de vieux français et de provençal, assaisonné d’astrologie. C’est tellement obscur qu’en définitive, on peut y trouver très exactement ce qu’on cherche, ainsi que le contraire.

Les prédictions d’Isaac Asimov

La science-fiction n’est pas toujours à côté de la plaque

« Comme si je savais pas » revient jeudi. Demain, c’est Noël, et entre 11h et midi, GRRIF vous propose « Petit papa Cee-Roo et les cadeaux sonores de le tRRemplin », ou comment découvrir avec le producteur biennois et des enfants les 20 présélectionnés du tRRemplin organisé par Larsen, 440 Hz et GRRIF. Oui, c’est compliqué, mais vous comprendrez en écoutant.

Des bisous

Léonie & Mike