Jon Stewart, le présentateur qui fait trembler CNN

22 juillet 2013

Jon Stewart reçoit Barack Obama dans le Daily Show
Les politiciens et célébrités font la queue pour un passage dans le Daily Show.

Enfonçons des portes ouvertes : l’Amérique est capable du pire comme du meilleur. C’est du meilleur qu’on parle aujourd’hui. On s’intéresse à Jon Stewart, célèbre animateur du Daily Show, émission satirique à l’américaine.

Autant le dire de but en blanc : Jon Stewart, en réalité, ne s’appelle pas Jon Stewart. Son nom de baptême est Jonathan Stuart Leibowitz. Oui, ça sonne juif ; c’est normal, il est né dans une famille juive newyorkaise, le 28 novembre 1962. Il fréquente le lycée public de sa ville du New Jersey où il y a peu de juifs. Ce qui lui vaut d’être harcelé par les esprits les plus subtils de sa classe. L’humour est déjà une réponse. A son départ de l’établissement, il est élu « lycéen ayant le meilleur sens de l’humour ».

En 1984, à 22 ans, Jonathan Stuart Leibowitz obtient une licence en psychologie. A côté de ça, il pratique le football. Et là encore, il fait tellement rire les autres gars qu’une récompense est créée en son honneur, « le Leibo », pour distinguer chaque année le membre de l’équipe qui progresse le plus et qui fait le plus rire ses coéquipiers.

Après, c’est la traversée des jobs invraisemblables. Pour n’en citer que quelques-uns : gestionnaire de risques pour le département des ressources humaines du New Jersey, marionnettiste pour enfants handicapés, barman, travailleur dans le bâtiment, traiteur et entraîneur-assistant de foot dans un lycée.

Partout où passe celui qui va devenir Jon Stewart, sa réputation de comique le suit. C’est avec elle qu’il s’installe à New York, à 24 ans, dans l’idée de se lancer en comédie. Ce sera d’abord du stand-up, au club The Bitter End, exactement là où son idole, Woody Allen, a débuté. A ce moment-là, il choisit de s’appeler Jon Stewart.

Ses débuts à la TV datent de 1989. D’abord comme scénariste, puis deux ans plus tard, de l’autre côté des caméras, pour des tentatives successives sur Comedy Central et MTV. Il lance le premier talk-show de la chaîne musicale, avec un joli succès. Il passe ensuite sur CBS comme invité récurrent, avant de revenir sur Comedy Central pour le Daily Show, une émission qui se plaît à éclabousser les politiques et les médias.

Welcome to the Daily Show, with Jon Stewart !

En Suisse, à la télé comme partout, il est de bon ton d’adopter un ton neutre. Aux Etats-Unis en revanche, pour être regardé, il faut être engagé.

L’engagement selon Jon Stewart :

The Daily Show ne se prive pas de se moquer d’autres émissions télévisées américaines, soi-disant sérieuses… Fox News passe souvent à la casserole. La grande CNN aussi. L’émission phare de la chaîne s’appelait « Crossfire ». C’était une émission de débat, comme « Infrarouge » mais version hardcore. En clair, deux politiciens étaient invités à se foutre sur la gueule.

Un jour, les deux présentateurs de cette émission ont décidé, courageusement, d’inviter non pas deux politiciens, mais Jon Stewart tout seul, histoire de croiser le feravec celui qui osait les critiquer.

Jon Stewart vs Crossfire, le clash

Les présentateurs se retrouvent vite débordés par la répartie de Stewart et le public qu’il met dans sa poche. Une exécution en règle et en direct, qui a eu des conséquences : quelques semaines après, CNN a annoncé l’arrêt du programme. La direction de CNN elle-même a déclaré qu’elle approuvait sans réserves les propos de Jon Stewart.

Récemment, la chaîne a annoncé le retour de Crossfire. Elle doit donc avoir tiré l’une des deux conclusions suivantes :

a) Faisons des débats constructifs et intelligents.

b) N’invitons plus jamais Jon Stewart.

Nous, on se réjouit de voir ce que ça va donner.

 

Léonie & Cédric