Je te dis tu, tu me dis vous

17 juillet 2014

Le casse-tête du vouvoiement pour les anglophones


Tableau de William Alexander, tiré de son œuvre « Flirting with French: How a Language Charmed Me, Seduced Me, and Nearly Broke My Heart », et publié par le Los Angeles Times

Vouvoiement, vousoiement

Le vouvoiement (vousoiement pour la variante suisse romande, tout à fait acceptée) est une des grandes affaires du français. Difficile d’y apposer des règles d’usage strictes, difficile d’y coller la seule notion de respect face à l’autorité, et difficile pour les anglophones d’y comprendre quelque chose. Par contre, si vous êtes un hippie ou un révolutionnaire, que vous avez fait Woodstock ou Mai 68, le jeu devient plus facile: on tutoie tout le monde.

En fait c’est à l’époque de Mai 68 qu’on a décidé d’abolir le vouvoiement, chose qu’on avait déjà faite à la Révolution, où le tu était vu comme fraternel, alors que le vous était trop aristocrate. C’est aussi à cette époque que les linguistes et les sociologues se sont penchés de plus près sur la problématique du vouvoiement, et leurs conclusions ne sont pas aussi simples. On vous explique.

Les familles conservatrices catholiques et leur vision réductrice du vouvoiement

Le vouvoiement n’est pas forcément une marque de respect

L’origine fantasque du vouvoiement

La légende du vouvoiement commence au 3e siècle ap. J.-C. À cette époque, l’Empire romain part en lambeaux et se divise en deux: l’Empire romain d’Orient, et l’Empire romain d’Occident. Du coup, il faut deux empereurs. Au 4e siècle, Flavius Honorius et Flavius Arcadius se partagent le pouvoir.

Seulement voilà, l’imperator, l’empereur est une personne sacrée et surtout indivisible dans l’imaginaire romain. Mais ils sont deux, les Flavius, à se partager la tâche. Les citoyens se mettent à vouvoyer l’empereur. Parce que quand on parle de l’un, on parle aussi de l’autre. Inséparables, les Flavius.

Au fil du temps, cette variante serait devenue le moyen dans les langues indo-européennes de marquer de l’importance. Une façon plus polie de s’adresser à quelqu’un qu’on estime supérieur à nous. Le vouvoiement, on le devrait à deux empereurs romains, deux Flavius avec un léger trouble de la personnalité, qui croyaient ne former qu’un.

Et pour rire encore


Tableau de William Alexander

Aurélie & Marie-Luce