Football + rugby + lutte = calcio fiorentino

11 juillet 2014

GRRIF explore les traditions, chaque jour de cette pause estivale, entre 11h et midi dans « Comme si j’savais pas ». Aujourd’hui, une vieille tradition qui nous vient d’Italie : le calcio florentin.

Calcio florentin
Un sport… engagé. (Photo : http://rugby1823.blogosfere.it)

Une looooooooooooongue histoire

C’est un sport collectif qui est né à Florence, durant la Renaissance, et qui est redevenu actuel après avoir été abandonné un moment. Il prend ses racines avant même l’Empire romain, lorsque dans la péninsule italienne, on jouait à un jeu qui s’appelait l’harpastum (ce qui signifie « déchirer avec force ») : un terrain sablonneux, un ballon sphérique et deux équipes qui ont pour objectif de prendre ledit ballon. L’agressivité contenue dans le jeu a séduit les légionnaires, qui l’ont répandu un peu partout. Mais c’est à Florence qu’il s’est particulièrement développé.

Au début du Moyen Âge, la jeunesse décadente locale s’adonne à tous les coins de rue à ce qu’on appelait déjà le calcio fiorentino. Pour des raisons d’ordre public, il a quand même fallu réglementer tout ça. Alors on a commencé  à jouer sur les places les plus importantes de la ville. A l’époque, les tournois opposaient des nobles, fastueusement habillés de livrées, d’où les appellations italiennes de « calcio in costume » et « calcio in livrea ». Les matchs duraient 50 ou 60 minutes, et était accompagnés d’une foule bruyante, dans une ambiance musicale. Il se terminaient le plus souvent en bagarre générale. L’intérêt pour ce jeu a décliné au XVIIe siècle, et il a carrément disparu au XVIIIeâ… avant un retour de vigueur dès les années 1930.

Il y a quand même quelques règles…

Une partie se joue aujourd’hui en 50 minutes, sur un terrain rectangulaire sablonné, coupé à la moitié par une ligne blanche. Chaque extrémité constitue un but, sur toute la largeur du terrain. L’objectif, c’est de mettre le ballon au fond. En cas de tir raté ou sur les poteaux, l’équipe adverse empoche un demi-point.

Les équipes sont formées de 4 gardiens, 3 défenseurs, 5 milieux de terrain et… 15 attaquants. Pour faire respecter les rares règles, il y a un arbitre, des arbitres de touche, un « giudice commissario » et le « maestro di campo ». A chaque but marqué, les équipes changent de côté.

Le grand tournoi annuel de calcio florentin s’appelle « Il Torneo dei Quattro Quartieri », le tournoi des quatre quartiers historiques de Florence. Il met aux prises les Bianchi (quartier Santo Spirito), les Azzurri (Santa Croce), les Rossi (Santa Maria Novella) et les Verdi (San Giovanni). Et le grand vainqueur repart fièrement avec un veau blanc de la race Chianina.

Tous les coups sont permis… ou presque.

La fameuse partie qui a complètement dégénéré en 2006

« Comme si j’savais pas » vous donne rendez-vous lundi et chaque jour de semaine cet été pour explorer d’autres traditions. Bon week-end !

Léonie & Mike