Des bienfaits de la radioactivité

27 décembre 2013

Aujourd’hui, une substance radioactive doit être repérable par le symbole du ventilateur noir sur fond jaune. Aujourd’hui, il existe des seuils de radioactivité au-delà desquels on n’ose pas s’exposer. Mais on est toujours plus malins après coup.

Symbole de la radioactivité
Avant d’être reconnue comme dangereuse, la radioactivité a été considérée comme un remède miracle.

« Comme si je savais pas » est aux prises avec les grandes erreurs de l’humanité. Aujourd’hui, la légèreté avec laquelle on a traité, au départ, la radioactivité.

La radioactivité, ce sont des noyaux d’atomes instables, qui se transforment spontanément. Ils se désintègrent, et durant cette transformation, ils dégagent de l’énergie sous forme de rayonnement. C’est le physicien français Henri Becquerel qui a découvert ce processus, par accident, en 1896, alors qu’il bossait sur les rayons X. Il avait l’intention d’étudier le rapport entre les rayons X et le phénomène de phosphorescence. C’est Marie Curie qui a poussé plus loin cette découverte.

Marie Curie, morte de ce qui l’a rendue immortelle

Les scientifiques de l’époque ne sortaient pas couverts

Crème au radium
Les boutons ne s’en remettront pas.

Le radium, ce miracle du début du XXe siècle

Un élément hautement radioactif utilisé à toutes les sauces

Après la découverte de la radioactivité, son application dans toutes sortes de domaines a été hyper rapide. En revanche, le processus qui a mené à la compréhension de la nocivité des matières radioactives a été lent, mais leeeeeeeeent. Dès 1920, Marie Curie avait déjà imaginé un lien entre sa santé périclitante et son travail avec le radium. Epuisement, cécité, doigts brûlés, leucémie… le prix à payer pour ouvrir la voie de la thérapie à base de rayons contre le cancer.

Son état, et celui d’autres chercheurs qui étaient en contact étroit avec le radium, a mis la puce à l’oreille de certains scientifiques. En 1927, on a découvert que les radiations peuvent engendrer des mutations de cellules, et provoquer des cancers. Mais il a fallu attendre 1945 et les bombes atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki pour se rendre vraiment compte que cette fameuse radioactivité, ce n’était peut-être pas bénéfique au point de s’en tartiner sur le visage. Ceci dit, on a continué encore un moment à utiliser le radium.

La prise de conscience générale est intervenue dans les années 1960 et 1970. C’est là qu’on a compris que les radiations, on ne les voit pas, on ne les sent pas, et pourtant elles sont destructrices. C’est là aussi qu’on a commencé à utiliser des appareils pour mesurer les radiations, le plus célèbre étant le compteur Geiger. En 1976, on abandonne officiellement le radium en radiothérapie. Depuis, on l’a remplacé par l’iridium-192 et le césium-137. En matière de radioactivité, tout est question de dosage.

Il est difficile aujourd’hui de chiffrer les conséquences de cette utilisation aveugle de la radioactivité. Surtout que sur la même période, elle a permis, en contrepartie, de guérir des cancers.

« Comme si je savais » pas revient lundi, avec une nouvelle erreur célèbre à se mettre sous la dent. Bon week-end !

Marie-Luce & Léonie