C’est beau et ça s’entend : Voir le son

27 février 2014

Noise by Kijek & Adamski

Noise, un court-métrage en stop-motion qui donne du relief aux sons qui nous entourent, aussi insignifiants soient-ils.

C’est l’histoire banale, d’une trentenaire banale, qui habite dans un immeuble locatif banale et qui subit de façon tout aussi banale les nuisances sonores propres à ce type de clapier sociaux.

Sauf que pour notre jeune maigrichon en T-shirt blanc et vieilles Converse sales, les nuisances sonores prennent vie, se matérialisent. Un voisin plante un clou, ça devient une balle de tennis qui fait des allers retours d’un bout à l’autre de la pièce. La police passe dans la rue, c’est une montagne en carton-pâte qui surgit de la fenêtre pour tout retourner dans l’appartement.

Et ainsi de suite.

Le moindre petit grincement de porte, claquement de doigt, aboiement de chien dans le quartier voisin devient un objet qui flotte dans la turne de notre jeune homme.


Noise est l’œuvre de deux polonais prodigieux, Katarzyna Kijek et Przemyslaw Adamski, qui font des films en stop-motion bricolés à la main depuis des lustres, et qui font ça bien. Ils s’inspirent ici des théories de George Berkeley sur la synesthésie. Ce phénomène neurologique qui fait que certaines personnes peuvent, par exemple, voir des sons ou les sentir.

On s’émerveille donc devant Noise, cette nouvelle production nominée dans plus d’une soixantaine de festivals à travers le monde, devant toute l’inventivité et la débauche de techniques différentes utilisées pour illustrer les sons, et puis devant cette histoire banale qui le restera jusqu’au bout sans qu’on en perde une seule note.

Stève