C’est beau et ça s’entend : une heure

18 juin 2013

The unveiling of Titian's presentation of Mary, Gallerie dell'AccademiaThe unveiling of Titian’s presentation of Mary, Gallerie dell’Accademia

Une heure et l’humanité est déjà soufflée

Que le temps soit une invention de l’homme ou non, quand il passe, il file. Que le temps soit une invention de l’homme ou non, c’est l’homme qui le subit le plus.

Matthew Pillsbury est un photographe américain d’origine française qui prend son temps. Ce diplômé de Yale et de l’Ecole des Arts Visuels de New-York, voue sa vie à observer l’être humain heure par heure.

Notre artiste installe ses appareils photo dans des lieux publiques (des musées, des cathédrales, des bouches de métro, etc.), il fixe le temps d’exposition sur une heure et il presse sur le bouton, clicâ… Une heure plus tard : clac !

L’image qui sort vous montre les décors nets, fixes, ancrés dans le temps, mais envahis par des fantômes. Ce sont les silhouettes des visiteurs qui se sont présentées dans ce même  lieu, et par conséquent devant l’objectif.  Comme ils avaient tellement d’autres choses à faire, ils ont fui aussi vite qu’ils ne sont venus et n’ont laissé qu’une vulgaire trainée spectrale sur la pellicule.

Ainsi, en un seul cliché, on mesure l’impact futile de notre humanité sur l’espace qui nous entoure. Que ce soit devant la Joconde ou dans une rampe d’escalier, l’homme ne fait que glisser et il a le toupet de prétendre que c’est le temps qui passe.

One Hour Exposures Capture, série photographique en noir et blanc de Matthew Pillsbury. Une bonne manière de se rendre compte que l’eau n’a pas besoin de nous pour couler sous les ponts.

Stève

Diplodocus Museum of Natural History
Diplodocus Museum of Natural History

La Joconde, Musée du Louvre, Paris
La Joconde, Musée du Louvre, Paris

Institut du Monde Arabe, Paris
Institut du Monde Arabe, Paris

Le Grand Foyer, Opéra National de paris, Palais Garnier
Le Grand Foyer, Opéra National de paris, Palais Garnier

La Sainte Chapelle
La Sainte Chapelle