C’est beau et ça s’entend : tunnel ligneux

12 juin 2014

Transarquitetônica, Henrique Oliveira

Pendant que le monde regarde le Brésil avec des yeux en ballon de foot, nous on préfère le regarder à travers de longs tunnels de bois.

Henrique Oliveira est un artiste brésilien. Il récupère les planches en contreplaqué lâchement abandonnées dans la rue pour tapisser d’énormes racines qu’il fait surgir des murs des musées.

Il plante d’abord des armatures tubulaires dans les parois qu’on lui met à disposition et c’est sur ces squelettes qu’il cloue ce parquet recyclé et donne vie, enfin, à ces énormes boursouflures envahissantes.

 

Alors que les manifestants brésiliens anti-football sont en train de se changer docilement en supporters, Henrique Oliveira nous invite à l’abri du tumulte dans sa plus grande installation jamais réalisée jusqu’ici : Transarquitetônica.

Ce menuisier fou s’est emparé de la salle la plus vaste du Musée d’Art Contemporain de l’Université de São Paulo, et il y a fait zigzaguer d’énormes  tunnels de bois. Vu de l’extérieur, ces envahisseurs organiques démesurés serpentent entre les colonnes du musée, comme les racines du chêne qui trouvent toujours leur voie à travers le goudron. Mais vu de l’intérieur, les branches deviennent de larges galeries où on peut se promener. Une caverne de Hobbit, tapissée de plancher grinçant de haut en bas, qui nous coupe de la folie du monde.

Transarquitetônica, un bunker de bois d’Henrique Oliveira installé au Musée d’Art Contemporain de l’Université de São Paulo pour fuir la folie des grandeurs.

Stève

Transarquitetônica, henrique oliveira

Transarquitetônica, henrique oliveira

Transarquitetônica, henrique oliveira

Transarquitetônica, henrique oliveira

Transarquitetônica, henrique oliveira

Transarquitetônica, henrique oliveira

Transarquitetônica, henrique oliveira

Making off