C’est beau et ça s’entend : Mosh Pit

10 avril 2014

Le calme et la tempête en même temps

On est tombé sur le travail de Dan Witz et on s’est fait du bien. On s’est notamment laissé piétinés par ses peintures à l’Huile de la série Mosh Pit.

Dan Witz, c’est un artiste de Chicago qui a fini à Brooklyn, attiré par l’énergie de « the Big Apple ». Il bosse aussi bien dans la rue que sur toile. On lui doit notamment une série de fausses bouches d’aération, derrière lesquels il dessine des prisonniers et qu’il colle contre les murs. C’est Amnesty International qui en avait fait une de ses campagnes de communication en 2013.

Mais nous c’est sur la série Mosh Pit qu’on est resté coincé.

Il s’agit d’une dizaine de peintures à l’huile réalistes avec lesquelles on est plongé au cœur de pogo en tous genres. Au milieu de vieux punk Skinhead à bretelles ou de métalleux en T-shirts noirs, gros plugs et tatouages, Dan Witz parvient à nous faire ressentir toute l’urgence charnelle de ces Mosh Pit. Ces troupeaux de bœufs en furie.

C’est d’autant plus déroutant que notre artiste ne peint que la foule. Il enlève tout le décorum du concert (plus de lumière, plus de groupe, plus de scène), il se contente d’un fond neutre, éclairé par une lumière diffuse. Et là, cette foule d’énervés devient plus un pugilat gratuit qu’une véritable danse de sauvages.

Enfin, un autre effet intéressant c’est l’évolution de la série vers d’autres espaces que les salles de concert survoltées. Sur les sept derniers tableaux, au lieu d’avoir des émeutes de rockeurs, Dan Witz a peint des versions avec des chiens, des rats, ou même des hommes d’affaire, en pleine course à la gare de Grand Station. Une manière de montrer les corrélations entre les espèces. Hommes enragés, animaux enragés, la rage reste la rage !

Mosh Pit, de l’américain Dan Witz. Une série de peintures à l’huile furieuses et charnelles. Une version « NY Harcord» est actuellement exposée à la galerie Jonathan LeVine (NY).

Stève