C’est beau et ça s’entend : humeur fondante

3 juillet 2014

Urs Fischer

Triste cire éphémère

Urs Fischer, un des plus grands artistes de notre pays, s’est mis à la peinture chatoyante. Mais nous, on est resté coincé sur ses hommes-bougies.

Urs Fisher, sculpteur Néo-Dadaïste prolifique, s’expose à Londres jusqu’en août. Le Zurichois y a accroché trois grands cadres bariolés d’acrylique joyeuse qui sortent de ce qu’il fait habituellement. Et pendant ce temps, ses cierges humanoïdes fondent toujours inexorablement à travers le monde.

Melting sculpture, c’est une série de sculptures réalistes d’hommes fondus dans la cire, dans des positions de la vie de tous les jours : assis, debout, accoudé à une chaise ou une table. Il suffit ensuite d’allumer la mèche et de laisser le temps faire son œuvre. Les têtes tombent, les yeux coulent, les corps se disloquent. Allégorie de l’humain : cette grande bougie qui met toute une vie pour s’éteindre.

Urs Fischer ressort régulièrement de ces œuvres. Sur demande. La dernière est une représentation plutôt fidèle de Peter Brant, collectionneur et galeriste, appuyé sur une chaise ornementale. Le patron de Christies l’a acquise en 2012 pour un million de dollars et lui a mit le feu en publiqueâ…

Heureusement, pour chaque œuvre fondue, notre artiste en donne une deuxième à l’acheteur qu’il peut garder à la maison en souvenir des millions de dollars qu’il vient de cramer.

Les sculptures qui fondent. Å’uvres éphémères d’Urs Fischer qui se consument inexorablement quelque part dans le monde, pendant que vous, vous brûlez votre temps précieux à boire un café.

Stève

Urs Fischer

       

Urs Fischer

Urs Fischer

Urs Fischer

Urs Fischer

Urs Fischer

Urs Fischer

Brett Gorvy (head of Post-War and Contemporary Art for Christie's) en train de bouter le feu à Peter Brant
Brett Gorvy (head of Post-War and Contemporary Art for Christie’s) en train de bouter le feu à Peter Brant