C’est beau et ça s’entend: colorimétrie d’antan

8 mai 2014

« Traité des couleurs servant à la peinture à l'eau par A. Boogert

Ranger les couleurs, ça ne date pas d’hier.

 300 ans avant Pantone, RAL et autre indexeur de couleurs, il y’avait monsieur  Boogert. A.Boogert n’a laissé derrière lui que l’initiale de son prénom et ce qui s’apparente au premier guide colorimétrique de l’histoire de la peinture à l’eau:  » Klaer lightende Spiegel der Verfkonst. » Ce n’est pas du français, c’est à peu près du néerlandais et ça veut dire : « Traité des couleurs servant à la peinture à l’eau. »

A l’intérieur, monsieur Boogert commence par expliquer sa vision de la peinture à l’eau, son utilisation, ses applications. Il répertorie ensuite toutes les nuances de teintes qu’il peut reproduire, avec les mélanges et les degrés de saturation adéquats. Comme un journal de bord d’aquarelliste. Sauf que ce journal fait 800 pages et qu’il est réalisé à la main, sans rature, avec une minutie telle qu’on pourrait abandonner Photoshop dans les accessoires, à côté de la calculatrice.

Mais ne jetez pas tout de suite votre ordinateur au recyclage, bande de graphistes sur écran! Le « Traité des couleurs servant à la peinture à l’eau » de monsieur A. Boogert, conservé à la Bibliothèque Méjanes à Aix-en-Provence, est disponible en ligne sur le site d‘E-corpus.org. En gros, vous pouvez carrément vous balader de page en page à travers l’ouvrage, admirer ce travail de titan, pleurer un bon coup et pomper un maximum d’informations sur ce génie de la couleur.

Et après, vous pourrez vous débarrasser de votre ordinateur.

Stève