C’est beau et ça s’entend : beauté dérangeante

1 octobre 2013

Repulsion - Ata MohammadiRepulsion – Ata Mohammadi

La torture, c’est beau.

Petite montée de masochisme cette semaine avec les photographies d’Ata Mohammadi.

« Repulsion » est une série de clichés qui vous tourmentent en silence. Son concepteur, Ata Mohammadi, détourne une série d’objets pour qu’ils incarnent le parfait contraire de ce qu’ils sont, pour qu’ils deviennent agressifs, qu’ils passent du côté obscur de la force. Par exemple, notre inventeur malicieux a remplacé les verres d’une paire de lunettes par des miroirs. Il a rempli un sachet de thé avec des médicaments et des pilules, ou ajouté du fil barbelé au milieu des cordes d’une guitare.

C’est sournois.

D’autant plus que le mal ne vous saute pas toujours tout de suite à la gorge. Les images sont belles, épurées, en noir/blanc doucement sépias, et devant la plupart vous ne percevez la tension qu’au dernier momentâ… Mais elles finissent toutes par morde !

Le plus extraordinaire avec cette série c’est peut-être aussi le parallèle que l’on peut tirer entre elle et les origines de l’artiste. Ata Mohammadi est iranien. Du coup, au travers du malaise qu’il provoque on imagine son peuple sous la main pesante de la politique religieuse. Une population privée de bien des choses, souvent élémentaires, et qui souffre en silence.

« Repulsion » d’Ata Mohammadi : une collection de photos dérangeantes et tendues comme une corde de pendu.

Stève

Repulsion - Ata Mohammadi

Repulsion - Ata Mohammadi

Repulsion - Ata Mohammadi

Repulsion - Ata Mohammadi

Repulsion - Ata Mohammadi

Repulsion - Ata Mohammadi

Repulsion - Ata Mohammadi

Repulsion - Ata Mohammadi