C’est beau et ça s’entend : âmes charnelles

26 juin 2014

xooang Choi

Tous ces masques qu’on s’inflige

Quand un plasticien hyperréaliste se met à matérialiser notre for intérieur, on se prend une armada d’œuvres ambigües dans les gencives.

Choi Xooang est un plasticien sud-Coréen qui tape dans le réalisme dérangeant. Il présente des sculptures d’êtres humains de laboratoire : crânes rasés, majoritairement nus, seuls ou en couple, homme ou femme, dans des positions de souffrance, de malaise oppressant. Notre artiste va jusqu’à scarifier ces êtres lambda, à les déformer ou les faire fusionner entre eux, avec des mains qui s’enfoncent dans les crânes comme celles des marionnettistes dans leurs poupées.

C’est très direct, très charnel et pourtant, ça reste plein d’onirisme. Un savant mélange de sentiments dont les asiatiques sont les maîtres dominants.

Au-delà du choc visuel, Choi Xooang vise aussi une interpellation intérieure. Avec ses chimères, il matérialise les conflits de notre psyché, nos désirs et nos craintes de l’autre et notre besoin permanent de nous fabriquer des alter-égo pour chaque situation de la vie. Tous ces masques qu’on s’inflige au quotidien pour vivre mieux en sociétéâ…

Invité par Tracks, Choi Xooang synthétise tout ça en une phrase : « Si les gens parvenaient à exprimer leurs troubles et leur côté sombre, peut-être seraient-ils en meilleure santé. »

Peut-être.

En attendant, on y goutte aux limbes obscurs de l’humanité, à travers les œuvres surréalistes de Choi Xooang.

N’ayez pas peur, ce sont des choses que nous avons tous au fond de nous.

Stève