Bonnie Parker, dame gangsteRR

8 août 2013

Bonnie and Clyde
Bonnie et Clyde, et leur manie de se mettre en scène devant l’objectif de l’appareil photo.

Elle était jeune, elle était belle, elle était hors-la-loi. Elle avait tout pour passer à la postérité. On s’intéresse à Bonnie, de Bonnie et Clyde, le plus célèbre des couples de gangsters.

Aujourd’hui, elle est symbole de rébellion et de glamour. Mais qu’a-t-elle fait pour mériter cette gloire ? A vrai dire, pas tant que ça. Elle et son complice se rencontrent en 1930. Bonnie est mariée avec un mec qui est en taule pour braquage. Clyde file déjà du mauvais coton. Avec un gang un peu minable, il braque des petits commerces et des stations essence. Elle se joint à eux.

Parfois, pendant leurs affaires, des gens sont tués. Que voulez-vous, ce sont des choses qui arrivent. Il vaut mieux ne pas se trouver en travers de leur chemin, qu’on soit le propriétaire du magasin, un simple civil ou un représentant de la loi. Et tout ça pour des butins qui ne volent pas bien haut. Pendant un casse, le gérant est buté pour 28 dollars.

Bonnie Parker
La photo de Bonnie Parker publiée dans tous les journaux, et qui avait scandalisé la bonne société américaine.

La liste des cadavres s’allonge, sans qu’on sache vraiment à chaque fois qui appuie sur la gâchette. Mais Bonnie fait scandale dans l’opinion ; elle est une coupable parfaite, cette jeune dévergondée qui pose le cigare au bec à l’heure où les femmes ne fument pas, en tout cas pas en public, et sûrement pas le cigare. Les banques succèdent aux petits commerces. Les morts s’accumulent, on leur en attribue une douzaine.

Finalement, leur aventure aura duré assez peu de temps. Leurs photos publiées partout leur compliquent la tâche quand il s’agit de se planquer. Quatre ans après leur rencontre, les deux bandits sont abattus sans grand panache, lors d’une embuscade tendue par la police du Texas et de Louisiane. Les policiers vident leurs chargeurs sur leur voiture. Clyde meurt sur le coup, alors que Bonnie a le temps de pousser un long cri.

Une gentille fille

Bonnie and Clyde ont inspiré bien des artistes, au cinéma, dans la littérature et en musique. Et Bonnie encore davantage que son chéri, sûrement pour son côté poète.

L’artiste qui a le moins violé la mémoire de la belle c’est sûrement Serge Gainsbourg. En 1968, il chante « Bonnie and Clyde » avec Brigitte Bardot. L’homme à la tête de chou se contente de traduire un poème de Bonnie Parker elle-même, « The Trail’s end ». On pouvait difficilement faire plus fidèle.

Léonie Parker & Stève Barrow