Betty Bossi, de toutes les femmes tu es l’amie.

23 juillet 2012

Betty Bossi

Betty Bossi, une effigie qui brave les années un fouet à la main. Plus de cinquante ans derrière les fourneaux et pas une seule ridule. On la pommadait aujourd’hui dans « Comme si je savais pas ».

Betty, réponds à la question !

On sait qu’on te dérange entre un roux blond et des blancs en neige mais réponds quand même à la question.

Betty Bossi

Derrière ce nom succulent se cachent des envies de profits…

…et les ménagères sont de très bonnes clientes.

1er avril 1956, c’est effectivement un jour de poisson que paraît le premier Journal Betty Bossi.

L’idée vient d’Emmi Creola Maag, une zurichoise responsable de faire de la publicité pour la margarine Astra. Le Courrier Betty Bossi est à l’origine gratuit et distribué dans les magasins d’alimentation helvétiques. Au début, le contenu est évidemment culinaire. On y apprend comment devenir un fin cordon bleu tout en gardant les cordons de la bourse bien serrés. Dans les débuts, on y découvre aussi des articles qui dissèquent les joies du tricot et de la couture. On y trouve des conseils éducatifs pour emmener sa petite famille tout droit vers le bonheur ou encore des coups de main pour planifier raisonnablement le budget du ménage. (Ça, c’est pour le bonheur du petit mari qui travaille fort pour que la famille ne manque de rien). Bref, des bons conseils vendus au kilos, on dirait presque les débuts d’un magazine rock’n’roll.

À la fin des années 1960, à l’époque où la France et quelques autres voisins goûtent au féminisme, la Suisse, elle, se contente de remanier son effigie. Betty Bossi connaît un seconde jeunesse et revêt un nouveau tablier.

On est en 1972. Betty Bossi se met à ressembler au journal que l’on connaît aujourd’hui. Voyant que c’est bien trop compliqué, le journal capitule et laisse tomber les chapitres de l’éducation, du bonheur familial, conjugal et tutti quanti, il se concentre sur la cuisine. Une leçon d’école ménagère qui se déguste désormais en 9 numéros par année.

En 1973, la sulfureuse Betty Bossi prend goût au pognon, la boîte comprend que vendre des journaux aux ménagères de Suisse, c’est bien mais qu’on peut aussi leur refourguer, de temps en temps, un livre avec à peu près les mêmes recettes dedans. Une couverture, une reliure en spirale, quelques recettes de choux à la crème et elle est belle. Les Pâtisseries est le titre du premier livre de Madame Bossi.

À ce jour, le livre des Pâtisseries a été rejoint par soixante autres bouquins à spirale. Pour les ranger, les gentils maris, qui manient évidemment la perceuse mieux que le batteur électrique, ont pu installer dans les cuisines des milliers d’étagères à poussière. Maintenant, quelle chance, le journal Betty Bossi ne paraît plus neuf mais dix fois par an. 900’000 foyers suisses ont par ailleurs la chance d’être bien nourris dès qu’il sorte le journal de la boîte aux lettres.

Depuis quelques années, Betty Bossi a fait comme tout le monde, elle s’est modernisée. Les ménagères les plus débrouillardes s’inspirent désormais sur www.bettybossi.ch et postent ensuite des photos de leur soufflé sur Facebook. Ah, que c’est bon d’être une femme moderneâ…. !

Betty Bossi, quand elle ne savait plus quoi inventer comme recette, a décidé de les vendre en barquettes.