La décharge mentale

19 février 2018

 

Joli tour de passe-passe exécuté par Bastien Vivès, qui s’empare d’une problématique sociétale et familiale (la charge mentale), pour en faire un porno burlesque. Pour nous exciter: des gros seins, des sexes hors-normes et des femmes qui n’ont pas froid aux yeux. Pour nous faire marrer, il y a le candide Michel. Invité à passer la nuit dans la maison de Roger, il y découvre une famille trop parfaite. Très vite mal à l’aise et complètement dépassé par la situation, le pauvre Michel ne saura plus à quel sein (sic) se vouer.

«Oh vous savez, après manger, il y a quelque chose que Roger adore»

Au premier abord, on a donc une BD parfaitement scandaleuse, outrancière qui ferait  exploser n’importe quel censeur. Bastien Vives y brise quelques tabous, à commencer par le sexe en famille, yeah! Le propos pourrait être parfaitement creux, mais c’est mal connaître son auteur, qui avait déjà démontré tout son talent chez le même éditeur avec Les Melons de la colère. Car en allant jusqu’au bout de cette histoire, par laquelle on se laisse facilement happer, Bastien Vives nous renvoie à notre propre jugement (l’autre est-il cinglé sous prétexte qu’il est différent de moi?) et pose sur la table quelques sujets sérieux tels que la communication dans le couple. Et ce, avec une maîtrise vertigineuse de la narration, où excitation et rires s’entremêlent dans un rythme effréné. Une grande comédie réservée aux adultes, en somme. 

 

La Décharge mentale, + 18 ans, aux éditions Les Requins Marteaux.

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